Se préparer au changement : situation actuelle et projections (rédaction en cours)

Depuis plus de 20 ans, je lis assidument la presse politique, financière et économique. Je ne me considère pas comme un expert mais plutôt comme un observateur qui aime faire des liens entre différentes disciplines et poser des pronostics pour le futur.

Actuellement, cet exercice est très difficile. D’une part parce que l’on est à l’aube d’un changement de très grande ampleur dont les effets sont encore peu visibles. D’autre part parce que le monde actuel est d’une complexité rarement vécue dans l’histoire de l’humanité.

L’espace et de temps vivent des modifications majeures . Au niveau de l’espace, notre monde est de plus en plus interconnecté : un changement même mineur d’un côté de la planète peut très rapidement affecter la planète entière. Un virus microscopique échappé de Whuan en Chine est comme le battement d’aile du papillon qui provoque un tremblement de terre à l’autre bout de la planète. Au niveau du temps, tout s’accélére avec le développement des nouvelles technologies et la circulation de plus en plus rapide de l’information.

Lorsque le battement d’aile du papillon peut tout changer.

Cet article est constitué de trois parties. Tout d’abord, je fais le point sur la situation mondiale avant le coronavirus avec quelques schémas et chiffres à l’appui. Ensuite, j’essaye de dessiner quelques pistes que je vois pour le futur. Exercice difficile vu que nous semblons nous approcher d’un chaos où tous les repères sont bousculés. Enfin, je tenterai de répondre à cette question : moi, en tant qu’humain, que puis-je faire maintenant et comment puis-je me préparer.

Pour cet exercice d’écriture, je m’appuierai sur ma double formation en droit et en psychologie ainsi que sur la lecture assidue de la presse politique, économique et financière depuis plus de vingt ans.

Le monde avant le coronavirus

Lorsque nous voyons le monde de manière globale, nous pouvons observer des déséquilibres à plusieurs niveaux.

Au niveau démographique d’abord

Evolution de la population mondiale depuis l’an 1000

Dans ce schéma, à partir du début du 19ème siècle, nous observons une croissance de la démographie incomparable à toute autre époque de l’histoire. Nous pouvons l’expliquer entre autre par le démarrage et la montée en puissance de l’industrialisation. Aujourd’hui (2020), la population mondiale est évaluée à plus de 7,7 milliards. Au rythme actuel, elle pourrait atteindre 10 milliards en 2050.

Nous assistons à un double mouvement : une baisse de la démographie dans les pays riches et une hausse très importante dans les pays pauvres. Cette hausse dans les pays pauvres peut s’expliquer d’une part par le manque de contraception et aussi par le fait que les enfants assurent la survie de leur parents. Le facteur clé lié à l’explosion démographique serait donc d’abord la pauvreté.

Rapport d’Oxfam de 2015 : 80 personnes dans le monde sont plus riches que 50% de la population

Ce graphique montre bien l’important déséquilibre existant entre les plus riches et le reste du monde. Il est important de noter que la crise de 2008 et l’afflux sans précédent d’argent utilisé par les pouvoirs publics pour renflouer les banques ont paradoxalement accéléré ce déséquilibre. Les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres.

Une facture trouvée sur une table.

Tout cet argent public n’a pas aidé l’économie réelle mais une économie de type virtuel (hedge funds, …). L’économie réelle ce sont les petites et moyennes entreprises qui créent de la richesse et emploient des gens, c’est la réalité du citoyen qui travaille, qui paye ses impôts et qui financent l’entretien des routes. La crise du coronavirus a mis en évidence l’importance de l’économie réelle. Durant le confinement, la première ligne de soutien a été l’approvisionnement alimentaire. Il s’agit de la satisfaction des besoins de base qui soutiennent la vie même des êtres humains. Le marché de Wall Street n’est pas un marché alimentaire mais un marché d’actions qui ne se mangent pas.

Au niveau de la consommation

Nous entrons ici au coeur du système capitaliste. Le capital prête les fonds à des entreprises pour produire des produits de consommation. Cette production permet de faire travailler des personnes et de les rémunérer. Avec l’argent qu’elles reçoivent, les personnes achètent les produits de consommation. Plus la production augmente, plus le capital augmente ses bénéfices. Nous sommes dans une dynamique de croissance.

Il y a toutefois un problème de fond dans cette machinerie bien huilée. Imaginons que j’achète des sandales si solides, si bien faites qu’elles durent au moins dix ans. Cela signifie que je n’ai nul besoin d’acheter de nouvelles sandales. La consommation stagne. Conséquences : la production stagne, les besoins en main d’oeuvre restent limités, le capital n’engrange plus de bénéfices.

Deux voies sont possibles pour assurer et augmenter la production :

Tout d’abord l’obsolescence programmée : il s’agit de « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement » (wikipedia).

L’entreprise va donc fabriquer des sandales qui s’usent plus vite. Ce qui est vrai pour les sandales est vrai pour les vêtements, les machines, les voitures, … Je me rappelle de mon père qui ventait les chemises très solides fabriquées dans les années 50.

Voici un contre-exemple de l’obsolescence programmée : une lampe plus que centenaire.

Cette ampoule brille depuis l’époque de Thomas Edison lui-même, dans une caserne de pompiers en Californie depuis 1901. Depuis son installation, elle n’a été éteinte que pendant une semaine en tout. Une caméra retransmet en direct sur Internet les images de cette ampoule, pour prouver qu’elle est toujours allumée, même si personne ne sait comment son filament continue de briller.

Il y a plusieurs années, des actions en justice ont été lancées pour dénoncer cette obsolescence programmée par les fabricants d’imprimantes.

Un autre moyen d’assurer la production est la création de nouveaux besoins. Il s’agit de persuader les gens qu’ils seront plus heureux s’ils consomment tels produits. La publicité, les films, les medias en général agissent donc sur la psychologie humaine, souvent de manière très subtile. Les mécanismes de persuasion sont basés sur des études très avancées de la psyché humaine. Par exemple, appuyer sur le besoin de reconnaissance au niveau du groupe. La population des adolescents est très influencée par ce besoin d’appartenance. Avoir le dernier iphone comme les copains devient un signe d’appartenance au groupe.

Conclusion

Clairement, notre système tel qu’il a fonctionné depuis la révolution industrielle n’est plus tenable, tant au niveau humain qu’au niveau écologique. Le problème est que le “virus” se trouve au coeur même de la logique du système. La consommation entraine la production, production qui génère de l’emploi, emploi qui permet de consommer et donc de produire … Il s’agit d’une boucle bien huilée depuis le début du 19ème siècle. Cette boucle a pu augmenter en taille et atteint maintenant ses limites.

A partir des années 70, l’empreinte écologique de l’homme surpasse les capacités de la terre. En clair, l’homme prend plus que ce que la terre est capable de donner. D’où un déséquilibre qui va en s’accélérant.

L’humanité n’a jamais produit autant de richesse dans toute l’histoire humaine. Néanmoins, le système actuel produit de plus en plus de pauvreté. L’abbé Pierre disait : “Le capitalisme est en train de crever car il ne partage pas”.

En clair : le système capitalisme tourne fou. Cela produit non seulement l’épuisement des ressources naturelles mais aussi l’épuisement de l’humain. Il est intéressant de noter ce parallèle entre fatigue de la terre et fatigue humaine.

Puis est arrivé le coronavirus. Ce “cygne noir” complètement inattendu qui s’apparente à un tremblement de terre.

Le monde après le coronavirus

Nous savons ce que nous quittons mais nous ignorons où nous allons. Pour anticiper le futur, aucun modèle n’existe pour nous inspirer. Aucune théorie existante ne nous permet de dire avec précision où nous serons dans 10 ans. Nous faisons face à l’incertitude.

Moi qui suis un passionné de physique quantique, je décrirais la situation en ces termes : nous sommes face à un ensemble de potentialités. L’humanité se trouve donc à un carrefour où des choix devront être faits et ces choix seront déterminants pour notre futur. Si ces choix sont basés sur l’égoïsme, le séparatisme et la négligence climatique, nous verrons très rapidement son coût en terme écologique et humain. Si ces choix sont basés sur des valeurs plus hautes comme le respect de l’environnement, le partage, la solidarité, … nous pourrons créer un nouveau monde paisible et harmonieux.

A mon sens, le plus gros obstacle vers un monde meilleur c’est le refus du changement pour maintenir des intérêts en place : en clair, l’égoïsme. L’égoïsme c’est regarder uniquement ses intérêts personnels sans prendre en considération les intérêts des autres (et de la planète). C’est rester dans sa bulle en se coupant du reste du monde. C’est exiger des droits en refuser les devoirs.

Le refus du changement peut se voir à plusieurs niveaux :

  1. au niveau individuel : par exemple, je refuse de vendre ma troisième voiture car elle a permis jusqu’ici un confort dans la mobilité de ma famille ;
  2. au niveau financier : par exemple le complexe militaro-industriel qui fait obstacle à la paix dans certaines régions du monde pour justifier la poursuite de l’armement.

Le changement se heurte aussi à des croyances bien établies. On l’a vu avec Galilée qui fut condamné parce qu’il avait osé dire que la terre tournait autour du soleil et pas l’inverse. Les “Galilées” sont légions dans l’histoire humaine, y compris à l’heure actuelle. Dans ce nouveau chapitre de l’humanité, certains vont se baser sur de vieilles théories, de vieux dogmes, de vieilles recettes pour proposer des solutions. Or les mêmes causes produisent les mêmes effets. Par exemple le théorie économique keynésienne peut-elle vraiment s’appliquer à la période qui s’ouvre alors que notre monde est en train de radicalement se modifier ?

Le changement se heurte aussi à la propriété intellectuelle. De grandes firmes ont bloqué l’émergence de nouvelles inventions via le dépôts de brevets. Imaginons qu’un ingénieur invente une voiture à eau. Cette invention est une menace pour les producteurs de pétrole et toute la chaine industrielle qui en dépend. Les lobbies pétroliers feront tout pour bloquer la commercialisation de cette invention.

On l’a compris : le changement doit être radical. C’est le coeur même de notre société qui doit changer. La solution ne peut plus être de reboucher les trous de la voirie (solution conjoncturelle) mais de changer complètement la voirie (solution structurelle). Cela implique l’émergence d’une nouvelle génération de décideurs prêts à faire table rase du passé pour proposer un nouveau modèle.

L’ancien président français Edouard Philippe avait annoncé très tôt les changements énormes auxquels nous serions confrontés :

Si nous sommes face à l’incertitude sur ce que sera le monde dans 10 ans, nous pouvons toutefois nous risquer à anticiper des phénomènes qui vont émerger dans les quelques années à venir. Les identifier peut aider à se préparer au mieux. Cela permet aussi de donner du sens au changement sans se laisser terrasser par lui.

Ce à quoi on peut s’attendre dans les quelques années à venir

L’emploi est certainement le domaine qui va être le plus impacté par les changements structurels majeurs qui s’annoncent.

Accélération du télétravail : ce phénomène existait déjà mais va aller en s’amplifiant. Ceci va avoir un impact majeur sur la relation entre la vie privée et le travail. Le travail est véritablement entré dans la sphère privée. Il pouvait se limiter à l’utilisation du smartphone professionnel. Maintenant la vidéoconférence nous fait plonger dans notre cadre de vie intime.

Impact de l’amplification du télétravail : le mode de consommation va changer radicalement : moins de restaurants, plus de consommations à domicile, avec tout l’impact que cela peut avoir sur les restaurants, les bars, … à proximité des lieux de travail habituels; la mobilité va aussi changer radicalement : utilisation moindre de la voiture et de l’avion, avec toutes les conséquences sur les usines de voiture et d’avion ainsi que sur la consommation de carburants.

Ecroulement de l’emploi dans les secteurs qui peuvent être robotisés : ce phénomène était déjà perceptible, par exemple les caissières des grands magasins qui sont progressivement remplacées par des machines. Bientôt, les caissières ne seront même plus nécessaires, à l’image de ce magasin :

La révolution robotique va s’accélérer en touchant des secteurs jusqu’ici épargnés :

Tout ce qui peut être digitalisé le sera.

  1. Les médecins deviendront de plus en plus des médiateurs entre la machine et l’humain, la machine posant des diagnostics avec un degré d’erreur beaucoup plus faible.
  2. Les traducteurs seront au chômage d’ici moins de dix ans. Il suffit déjà de constater l’efficacité du traducteur en ligne deepl.
  3. Les décisions importantes en entreprise seront prises davantage par des algorithmes que par des décideurs humains. Ces algorithmes permettent le traitement d’une masse de données qui n’est pas accessible à un humain.

La démondialisation engagée par le Président américain Donal Trump avant la crise va aller en s’accélérant. Nous avions déjà constaté un retour progressif des grandes firmes sur le sol américain suite à une législation fiscale extrêmement favorable.

La crise sanitaire renforce la démondialisation et le retour aux états nations. Elle a provoqué une prise de conscience sur la dépendance occidentale aux produits et services asiatiques, surtout chinois (fiasco occidental sur les masques). Cela impliquera un rapatriement de nombreuses firmes en occident en ce qui concerne les produits et les services vitaux. Malheureusement, l’impact positif en terme d’emploi sera limité vu le remplacement par la robotisation.

Le frein brutal du tourisme va plonger dans la pauvreté de nombreux pays dépendants de ce secteur. Pensons à ces millions de personnes qui vivaient de petits services rendus aux touristes (taxis, tchouk-tchouks, ….).

Quels sont les nouveaux emplois qui vont être créés ?

Nous n’en savons rien et c’est bien le problème. Nous ne connaissons pas les emplois qui émergeront dans 10 ans. Un certain nombre de hautes écoles en sont conscientes. Elles continuent à former les personnes à des compétences qui deviendront peut-être obsolètes d’ici 10 ans …

La relation état-citoyen va être profondément modifiée

Le rôle de l’état est d’assurer la sécurité des citoyens. Le citoyen accepte de lâcher des libertés et en échange il reçoit de la sécurité. C’est ainsi que s’est mise progressivement en place la police, l’assurance maladie, l’assurance chômage, …

Depuis quelque temps, on assiste à une baisse de la confiance des populations vis-à-vis des états (mouvement des gilets jaunes par exemple). Les scandales liés à la corruption, l’accroissement des inégalités, l’augmentation du chômage, les craintes liées aux changements climatiques, … ne font qu’agrandir le fossé entre des décideurs souvent déconnectés du monde réel et des citoyens en proie à des problèmes très concrets dans leur quotidien. La population ne se sent plus entendue.

La crise du coronavirus et l’impréparation des états occidentaux face à une crise qui aurait pu être anticipée (comme l’a fait par exemple Taiwan ou la Corée du sud), n’a fait qu’amplifier le phénomène. Le tsunami économique dont on ne perçoit pas encore l’ampleur à l’heure où j’écris ces lignes, va certainement achever le dernier filet de confiance encore en place. Les conséquences sociales sont encore inconnues mais elles seront certainement d’une ampleur encore jamais vue dans l’histoire moderne.

Durant un certain temps, les états tenteront tant bien que mal de calmer la population par la distribution d’argent gratuit. Le chômage temporaire mis en place durant la crise du coronavirus est un embryon de revenu universel. Il s’agit juste d’un changement de vocabulaire.

Incapable de faire face aux grands défis dû à l’incompétence (et à la bêtise) d’un grand nombre de décideurs politiques, des collectifs citoyens se mettront en place pour faire à la place de l’état. Que l’on pense seulement à Allemagne où un collectif de médecins s’est mis en place pour faire office de “commission d’enquête sur la crise sanitaire”.

Le grand danger pourrait être la restriction de nos libertés à plus long terme sous l’argument de la crise sanitaire. Après les attentats du 11 septembre 2001, des lois d’exception ont été prises en lien avec le terrorisme. Ces lois sont entrées dans la normalité législative. L’état d’exception est devenu la normalité, avec tout ce que cela implique sur le contrôle de nos données personnelles. Comme l’a dit Yuval Noah Harari dans un interview au Financial Times le 20 mars 2020 :

De nombreuses mesures d’urgence à court terme vont devenir un incontournable. Telle est la nature des urgences. Elles accélèrent les processus historiques. Des décisions qui, en temps normal, pourraient prendre des années de délibération, sont prises en quelques heures. Des technologies immatures et même dangereuses sont mises en service sous pression, car les risques de ne rien faire sont plus grands. Des pays entiers servent de cobayes dans des expériences sociales à grande échelle. (…) En temps normal, les gouvernements, les entreprises et les conseils d’administration des établissements d’enseignement n’accepteraient jamais de mener de telles expériences. (…) Les mesures prises dans l’urgence ont la mauvaise habitude de rester en place même après l’urgence, d’autant qu’il y a toujours de nouvelles menaces (traduit avec DeepL).

Individuellement, comment se préparer à la période qui vient ?

Veillez sur sa santé, surtout émotionnelle

La peur est certainement le plus grand défi à relever à l’heure actuelle. Les médias nous bombardent avec des informations anxiogènes en continu et attisent nos émotions.

La peur existe initialement pour nous protéger d’un danger immédiat, comme par exemple se sauver lors d’un incendie. Il s’agit véritablement de sauvegarder sa vie. Par contre, lorsque la peur se déconnecte de la réalité, des faits, elle nous pousse à amplifier un danger et à adopter des comportements qui ne sont pas proportionnels aux risques réels. Les experts connaissent maintenant mieux la nature du fameux virus et savent mieux comment traiter les personnes malades (2 morts en Belgique le 7 août 2020 dû au coronavirus au moment d’écrire ces lignes – le 7 août 2019, les statistiques du gouvernement belge font état de 31 morts au total en Belgique). De plus, des experts scientifiques disent aussi que le virus a muté et n’est plus aussi dangereux. Il ne s’agit pas de sous-estimer les risques mais de les évaluer avec la réalité des faits qui peuvent être mis en lumière en prenant le temps de chercher sur le net.

En ce qui concerne la santé physique, des sites alternatifs mettent en évidence l’importance de notre système immunitaire pour faire face aux maladies. Le système immunitaire humain s’est développé durant des millions d’années en faisant face à de nombreux virus, bactéries, microbes divers. Mettre en avant uniquement un remède extérieur pour résister au virus en faisant abstraction de ce que la nature a mis si longtemps à mettre en place peut laisser dubitatif. Le renforcement du système immunitaire se fait par une bonne alimentation, une bonne hygiène de vie, un sommeil réparateur, … Pasteur, pionnier de la microbiologie et inventeur de plusieurs vaccins, n’a-t-il pas dit à la fin de sa vie “le microbe n’est rien. Le terrain est tout” ?

Développer son autonomie

Une vision platonicienne du confinement

Quand nous regardons les médias et les réseaux sociaux, nous observons des visions très différentes sur le confinement. Choisissons-en deux : l’une microscopique (vision restreinte) l’autre macroscopique (vision élargie).

Dans la vision micro, je suis obligé légalement de ne pas sortir pour des raisons sanitaires. Cela implique de vivre cette situation au niveau mental (avec des moments dépressifs), au niveau émotionnel (peur d’être malade, peur de mourir) et au niveau physique (je dois rester dans mon appartement). Cette situation amène toute une série de conséquences dans ma vie quotidienne. L’être humain s’adapte comme il peut, chacun différemment en fonction de sa personnalité, de son histoire de vie, de sa situation familiale et affective)

Dans la vision macro, je regarde les choses de beaucoup, beaucoup plus haut. La fusée décolle, traverse la stratosphère.  La terre commence à apparaître comme une planète au milieu d’autres planètes et si on s’éloigne encore, cette terre n’est plus qu’un grain de sable dans l’immensité cosmique.

Considérons le confinement (enfermement) à un niveau beaucoup plus vaste en s’arrêtant à la vision globale de la terre.

Considérons la période coronavirus comme une période limitée dans une vaste histoire humaine. On s’aperçoit que l’être humain vit en fait confiné depuis plusieurs milliers d’année. L’être humain est ambigu : à la fois il aspire à la liberté et à la fois il s’est toujours débrouillé pour restreindre cette liberté (le plus souvent par peur de lui-même .). Il y a toujours eu un pouvoir étatique ou un pouvoir religieux pour lui dire ce qui était bon pour lui et ce qui ne l’était pas. Le collectif humain a créé  ces balises ainsi que la carotte et le bâton pour les faire respecter. Les rebelles ont surtout eu droit au bâton mais ils ont goûté à la liberté.  Les suiveurs ont mangé la carotte mais ils ont pris du poids … La balise religieuse a sans aucun doute été celle qui a eu le plus d’impact au niveau collectif. 

L’allégorie de la caverne de Platon offre une très intéressante vision macro. Dans cette image, on voit un homme enfermé dans une caverne. Lorsqu’on lui propose de sortir de la caverne et d’aller à l’air libre, il prend peur et préfère les chaînes à ce monde qui lui est inconnu à l’extérieur. 

Si l’on revient au coronavirus et à la vision macro, l’homme a une chance de découvrir que le confinement lui rappelle en fait son propre enfermement intérieur. Le confinement devient la symbolique d’un enfermement intérieur que l’humain vit depuis des temps immémoriaux. 

Je souris maintenant aux adeptes de la théorie du complot (dont je peux reconnaître parfois une certaine attirance), qui met en garde contre l’implantation d’une puce dans le corps de l’homme (avec une vaccination obligatoire de masse) qui pourrait lui faire perdre son libre arbitre. Avec la vision macro, j’y vois la symbolique d’une réalité beaucoup plus subtile. Cette puce existe déjà … au niveau de notre ADN. Depuis qu’il marche sur terre, l’homme s’est adapté à la vie avec la peur. Sa peur racine étant la peur de la mort, liée soit à la maladie soit à des catastrophes naturelles. Il nous appartient maintenant de dépasser cette peut archaïque en nous pour entrer dans la véritable liberté intérieure. Voilà pour moi, l’enjeu de ce qui se passe actuellement à un niveau beaucoup plus subtil. 

Sortir de la caverne où l’humanité s’est enfermée si longtemps fait peur. Il y a, dehors, un monde inconnu décrit par les contes, les prophètes et les mystiques. Et si, comme humain, nous étions maintenant mures pour oser entrer dans ce monde inconnu auquel aspire en fait tout notre Etre ? Prendre son courage à deux mains (il en faut) pour ôter soi-même ses propres chaines et sortir de la caverne (sans doute la peur au ventre), et découvrir en fait que cette peur, profondément ancrée dans l’inconscient collectif humain, n’était qu’une illusion. Au cours de l’histoire humaine, certains ont réussi à se débarrasser de leurs chaines et à sortir de la caverne. Aujourd’hui, toute l’humanité est invitée à sortir de la caverne. Il est maintenant l’heure de choisir.

Grandir dans la tempête

Une image pour comprendre ce que je vais développer : il fait plein jour et vous êtes dans une salle avec un public. Les fenêtres laissent passer généreusement la lumière du jour. Vous allumez une bougie. Le public va-t-il voir la lumière de cette bougie ? Très faiblement me répondrez-vous. Pourquoi ? Parce que la lumière du jour est forte et rend la lumière de cette bougie peu visible. Fermons maintenant les volets de la pièce. Il fait très sombre. J’allume à nouveau cette bougie. Que vont voir les personnes dans la salle ? Clairement, elles verront la lumière de cette bougie. L’obscurité amiante permettra pleinement la visibilité de cette lumière.

Transposons maintenant cette image à notre vie habituelle. Imaginons que le monde extérieur est paisible et harmonieux. Il y aura-t-il un quelconque besoin de travailler sur la paix et l’harmonie ? “Non” me répondrez-vous. Pourquoi ? Une réponse évidente : quelle serait la raison d’aller chercher quelque chose que je vis déjà.

Imaginons maintenant un monde extérieur qui n’est ni paisible ni harmonieux. Deux choix se présenteront à vous : soit vous vous identifiez complètement à l’environnement extérieur. Vous voilà dès lors emporter dans la tempête ; soit vous cherchez en vous-même un espace de paix et d’harmonie que vous ne pouvez trouver à l’extérieur. Dans ce deuxième choix, vous construisez une fondation solide. Cette paix et cette harmonie prennent leur source en vous et ne dépendent plus de l’extérieur.

Trouvons maintenant quelques exemples pratiques. Ces exemples sont faciles à trouver avec cette crise du coronavirus et sans doute la crise économique importante qui s’en suivra.

Premier exemple : le confinement m’oblige à la distanciation, à l’isolement. Cela me met en position du “manque de l’autre”. Réponse résiliente : à l’intérieur, je vais travailler la relation avec moi-même en me posant des questions qui sont vraiment importantes pour moi : quel est le sens de mon travail ? Où en suis-je dans mes relations affectives ? Il y a-t-il des choix de vie différents à faire ? …

Deuxième exemple : une incohérence importante existe dans le monde extérieur. Nous pouvez l’observer actuellement avec ces multitudes d’informations qui nous arrivent et qui disent tout et son contraire. De même pour les règles à respecter pour le confinement qui sont souvent imprécises et même illogiques. Une autre occasion pour tourner notre regard à l’intérieur et chercher la cohérence en soi et non à l’extérieur de soi. Je vais m’interroger sur ma propre cohérence. Par exemple, mes pensées, mes paroles et mes actions sont-elles cohérentes dans ma relation à l’autre ? Suis-je cohérent lorsque je dis quelque chose et que je fais le contraire ? Suis-je cohérent lorsque je pense “non” et que je dis “oui” ?

Nous voici au coeur de ce qu’on appelle la résilience : au lieu de me placer comme victime par rapport à une situation extérieur, je l’utilise pour me construire à l’intérieur, pour grandir, pour évoluer. J’installe alors, petit à petit, des fondations intérieures sur lesquelles je pourrai m’appuyer dans la tempête extérieure.

Lorsque mes fondations intérieures sont solides, alors je peux vraiment aider ce monde en montrant l’exemple.

Se préparer à l’après coronavirus

Pour ceux qui en douteraient encore, il est clair que nous avons basculé dans un tout autre paysage. Il y aura un avant et un après le coronavirus. Beaucoup d’experts sont d’accord sur ce point. Nous vivons l’évènement le plus important depuis la 2ème guerre mondiale. Beaucoup d’entre nous ont fait des projets sur base d’un modèle qui est en train de s’effondrer. A titre exemple, voici les secteurs économiques qui sont en train de s’écrouler sous les dettes (en rouge).

On observe que l’alimentaire et la santé sont en croissance de 100% (en blanc). Se nourrir (comme veiller à la santé du corps) est un besoin de base, comme le décrit Maslow dans sa pyramide des besoins.

Pyramide de Maslow – Après Coronavirus

Ceci signifie qu’en période de crise, nous en revenons aux besoins fondamentaux. Nous pouvons en conclure que dans la période qui vient, ce sont ces besoins là qui seront mis au centre et pour lesquels nous devrons être vigilants.

Il y a aussi une prise de conscience à faire par rapport à sa vision du monde. Beaucoup ont vécu dans leur petite bulle confortable, leur confort matériel leur permettant d’être distant par rapport aux drames du monde. Cette vision est dépassée dans la mesure où chacun est maintenant directement impacté par les conséquences du coronavirus et du confinement. Il suffit de prendre pour exemple les voyages touristiques qui ne sont actuellement plus possibles. Et lorsque la réalité de la crise économique apparaîtra au grand jour, nous ne pourrons plus nier la réalité. Ceci pourrait être un choc pour beaucoup : nous ne serons plus dans une téléréalité mais dans LA réalité.

Il est important d’être conscient du carrefour planétaire où nous sommes actuellement. Bien avant le coronavirus, les indicateurs étaient au rouge au niveau économique, financier, climatique, sociétal, … (voir par exemple l’avis économique de Charles Gave bien avant la crise). Il y avait aussi une forte progression de la technologie qui permettait à des experts comme Jeremy Rifkin de parler de “la fin du travail“. Le coronavirus, avec l’électrochoc qu’il provoque, va mettre en lumière tous ces défis que nous refusions jusqu’ici de mettre clairement sur la table. Il est étonnant de voir ces milliers de milliards d’euros qui sont débloqués pour gérer la crise alors qu’il ne pouvaient être trouvés précédemment pour motif d'”endettement”.

Alors, fondamentalement, qu’est-ce qui va changer dans nos vies ? A mon sens, l’élément le plus important à prendre en considération est que nous quittons un monde basé sur le paternalisme. En cas de problème, nous nous tournions vers “Papa Etat” pour le chômage, pour les congés maladie, pour renflouer les banques, … Suite à la crise, et je suis ici dans un avis validé par des experts, les états seront incapables d’assurer comme auparavant. Il s’agit donc de compter sur soi-même d’abord et d’assurer sa propre résiliance. Durant des années, j’ai animé l’atelier “Oser créer son emploi” car j’avais la certitude que l’emploi indépendant serait un jour beaucoup plus important que l’emploi salarié. Maintenant, il est temps de reprendre véritablement son destin en main et de croire en son potentiel.

Concrètement que peut-on faire ?

Au niveau financier d’abord (pour nos besoins de base)

L’argent et l’émotionnel font mauvais ménage. Il faut d’abord sortir de l’émotionnel et analyser très concrètement sa situation financière (entrées-sorties)

  • S’interroger sur le nombre de jours/mois/années que je (ma famille) peux vivre sans rentrées financières
  • Identifier les dépenses essentielles (nourriture et toit) des dépenses accessoires
  • Déterminer les différentes options possibles

Au niveau de sa santé physique

Le corps est notre première maison. S’ils ne fonctionnent plus ou pas bien, comment pouvons-nous encore agir efficacement ? Il s’agit donc de prendre soin de son véhicule physique. Je m’étonne souvent que des personnes soignent mieux leur voiture que leur propre corps …

Au niveau de sa santé émotionnelle

Les émotions sont naturelles et doivent s’exprimer d’une manière ou d’une autre sans nuire à personne : par exemple sport, TRE, bioénergie, taper sur un coussin, couper du bois, … Une fois exprimées de cette manière, il est alors possible de dialoguer avec l’autre. Ceci fait partie de ce qu’on appelle l’intelligence émotionnelle. Les psychologues mettent aussi en garde sur les risques psycho-sociaux post-confinement. Voici un article paru dans le journal Le Soir à ce sujet.

Au niveau de sa santé mentale

Regarder continuellement des émissions anxiogènes nous plonge dans le désarroi et finit par nous emprisonner dans un espace de peur. Préférer des émissions relaxantes ou s’endormir en écouter des playlists de musique 432 HZ.

Un dernier mot sur le spirituel

Sujet souvent tabou. Nous évitons de parler de Dieu, de divin, de sacré … Je me rappelle cette formation où j’avais écrit le mot “Dieu” avec une majuscule sur un flip chart. Une participante m’avait interpellé en me demandant d’écrire “dieu” et non pas “Dieu”… au nom de la laïcité. Dans une société matérialiste, nous ne croyons que ce que nous voyons. Et si le matériel vacille, à quoi pouvons-nous encore nous rattacher sinon à nos fondations intérieures ?

Le spirituel n’est pas le religieux. La base du spirituel est la recherche de sa réalité profonde, ce qui va plus loin que son seul corps physique. La base du religieux est la règle et le dogme. Une crise (intérieure ou extérieure) peut être une opportunité pour démarrer un chemin de développement personnel qui nous conduit, étape par étape, au coeur de notre Etre. Cela implique de traverser, mettre en lumière, toutes les illusions crées par notre éducation, notre formatage culturel, nos traumatismes, … En bref, dépasser le JE pour découvrir le SOI qui est notre réalité éternelle. C’est ce qu’expriment si bien les contes et les mythes qui véhiculent des vérités qui traversent les âges en attendant que notre mental limité puisse les intégrer.

Dans cette période particulière de l’histoire de l’humanité, nous sommes invités à relier la matière (l’énergie) à la conscience (le sacré). L’alliance de ces deux parties en nous (terre et ciel) feront naître cet Homme nouveau et cette Femme nouvelle qui amèneront la paix et l’harmonie sur terre. Utopie ? Je répondrai à la question par cette histoire du colibri de Pierre Rabhi.

Je vous partage trois mots en conclusion : courage, espoir et solidarité.

Coronavirus : Maintenant … et après …

Nous vivons actuellement l’évènement le plus important depuis la deuxième guerre mondiale. Aux dernières nouvelles, plus de trois milliards de personnes sont confinées dans le monde.

Concernant la nature du virus et la stratégie la plus efficace pour stopper l’épidémie, voici le meilleur article scientifique que j’ai lu sur la question.

Quant au coût psychologique de la situation, il devient de plus en plus haut.

Un grand nombre de personnes confinées passent leur temps à écouter les informations anxiogènes diffusées sans arrêt par les medias. Dans les homes, beaucoup de personnes âgées sont seules. Pensons aussi à ces jeunes confinés qui tournent en rond comme des lions en cage.

Quant au retour au travail après le confinement, sera-t-il perçu comme un retour de vacances ? Voici un article écrit par un collègue à ce sujet.

Par rapport à la finance et l’économie mondiale : nous vivons un crash mondial en direct. Celui-ci passe en deuxième plan pour l’instant vu la focalisation médiatique sur le virus. En attendant, de très nombreuses entreprises sont menacées de faillite et un nombre très important de personnes sont en chômage technique. Les chaines de distribution basées sur la mondialisation se fissurent. A l’heure de la globalisation, la fabrication d’une voiture nécessite des composants d’au moins 30 pays différents.

Il est une chose dont nous pouvons être certain : rien ne sera plus comme avant. Je vous invite à visionner cette vidéo très courte du premier ministre français. Tout est dit.

Nous vivons un changement de paradigme. Si nous voulons être honnête, nous devons admettre que le paradigme que nous quittons ne tenait plus la route. De nombreux signaux socio-économiques et environnementaux nous indiquaient que la machine globale était “grippée” / “coronavirée”. Ce virus a été le cygne noir, le battement d’aile du papillon provoquant l’écroulement d’un édifice en délabrement avancé.

Actuellement, nous sommes dans l’entre deux : nous savons ce que nous quittons mais nous ignorons où nous allons. Selon mon analyse, une grande partie de la peur viendra de notre incertitude sur l’avenir. Nos croyances, nos certitudes, nos dogmes à bien des niveaux (travail, couple, famille, …) devront être remis en question et ce n’est pas une mince affaire, tant ceux-ci ont façonné nos quotidiens.

Il nous appartient d’imaginer dès à présent le nouveau monde que nous souhaitons construire. Il nous appartient de redéfinir en profondeur notre relation à la nature. Il est temps de nous réveiller et d’oser exprimer sans plus aucune retenue nos idées, nos talents, notre plein potentiel. Dans “l’ancien monde”, beaucoup se sont cachés dans l’ombre par peur du rejet. Dans ce “vide créateur”, maintenant, il est de notre responsabilité de sortir de l’ombre et d’exprimer nos idées. Le mot d’ordre : Oser. A défaut, d’autres sortiront leur propre agenda, avec des propositions plus égoïstes qu’altruistes.

En physique quantique, on parle de champs de potentialités. Nous serons bientôt amenés à choisir la meilleure potentialité pour construire un monde nouveau. Les anciennes méthodes ne fonctionnent plus. Il nous faut du neuf.

Il est dès lors temps de se reconnaître co-créateur de ce monde en devenir. Une création collective qui commence d’abord par une question à soi-même : quel est le monde que je veux pour moi et mes enfants et suis-je prêt à le vivre MAINTENANT ? L’engagement, notre engagement à construire ce nouveau monde est certainement la décision personnelle la plus importante dans les mois à venir.

Il nous appartient de sortir de l’esclavage dans lequel nous étions confiné (oui, même avant le confinement virus) et de nous reconnaître libre de choisir le monde que nous souhaitons. Nous quittons un monde paternaliste (j’attends qu’un autre fasse pour moi) pour un monde fondé sur la conscience responsable et créatrice. L’adolescence est terminée. Nous devons maintenant sortir du nid et compter d’abord sur nos propres forces. Cela signifiera faire preuve d’autonomie, de débrouillardise et de courage. Au final, cette épreuve dans la transition nous rendra beaucoup plus fort. Un animal sauvage est plus fort qu’un animal domestique car il sait trouver par lui-même sa nourriture et reste confiant du lendemain sans savoir ce qu’il adviendra.

Dans mon parcours psycho-spirituel, je me suis préparé à ce changement depuis longtemps déjà. Je compte bien participer concrètement à la construction de ce nouveau monde que je veux plus solidaire, plus équitable et plus respectueux de Mère nature.

Coronavirus : quelques vidéos ressources

Quelques vidéos que j’ai enregistrées avec les moyens du bord et que je vous partage.

Vidéos en français :

Gérer ses émotions

Soignants : gérer l’impuissance et la culpabilité

Visualiser un nouveau monde

Vidéos en anglais

Managing emotions

Towards a new Earth

Quelques avis d’experts

Sur le virus lui-même

Sur la crise économique à venir (surtout intéressant à partir de la moitié)

Et n’oublions pas de rire aussi de temps en temps, cela permet de beaucoup alléger la lourdeur ambiante.

Courage !

Relations technologie & humain

A l’heure où les nouvelles technologies changent drastiquement nos habitudes de travail et nos modes de vie, je pense utile d’écrire quelques mots à ce sujet.

J’ai fait face à une question intéressante dans le cadre d’un coaching. Pour des raisons de confidentialité, j’éviterai tout indice qui permettrait d’identifier le client.

Un département d’une organisation publique est chargée de communiquer régulièrement des informations politiques aux medias. Le laps de temps entre la production de ces informations et la communication de ces informations aux medias est de deux heures. Deux départements différents sont en charge de cette transmission. Le premier département met 1h45 pour collecter l’information et élaborer le document. Le deuxième département met 15 minutes pour la délivrance finale du document aux medias. Les medias se plaignent du laps de temps entre la réception de l’information et la délivrance de cette information. La personne qui s’adresse à moi est le responsable du deuxième département. Il a pu réduire le laps de temps de cinq minutes (il est passé de 15 minutes à 10 minutes). Par contre, le premier département refuse de se remettre en question et renvoie la responsabilité au deuxième département qui est en contact direct avec les medias.

Nous analysons la situation. De nouvelles technologies pourraient être introduites au sein du premier département pour raccourcir le temps d’au moins 1h (passer de 1h45 à 45 minutes). Pourquoi ces nouvelles technologies n’ont-elles pas été mises en place ? La réponse sera trouvée au niveau humain. Cinq personnes sont chargées du travail dans le premier département et le chef hiérarchique est à la tête de 8 personnes (en incluant ces cinq personnes). Si de nouvelles technologies sont mises en place, le nombre de personnes nécessaires passera de cinq à une. De plus, le chef hiérarchique ne dirigera plus qu’une équipe de 4 personnes … Il y a donc résistance à introduire ces nouvelles technologies qui aboutiraient à la réduction de l’emploi et à la perte de pouvoir du responsable de département.

La solution qui a été trouvée est une réunion des deux départements où le responsable du deuxième département établiraient juste les faits et où la démarche orientée client serait mise en avant.

La question de la relation entre l’humain et les nouvelles technologies peut aussi être étudiée à d’autres niveaux. Voici un article qui illustre bien ce sujet.

Jeremy Rifkin avait aussi écrit un livre prophétique dans les années 90 : “La fin du travail“.

Le plus difficile pour l’humain sera de trouver un nouveau sens à son existence : une existence non plus centrée exclusivement sur le travail mais sur le temps libre. Durant des dizaines de milliers d’années, l’homme s’est concentré sur le travail pour sa subsistance. Le formatage est profondément ancré dans la psyché humaine. Le changement de paradigme qui s’annonce est un bouleversement majeur dans la relation de l’homme à lui-même, à la collectivité et à la nature.

Les nourritures

Nous pensons souvent à des aliments quand nous parlons nourriture. En fait, l’être humain se nourrit à différents niveaux …

Le niveau physique d’abord : ce sont les aliments et les boissons que nous absorbons.

Le niveau mental : ce sont mes lectures, ce que je regarde à la télévision ou sur internet.

Le niveau émotionnel : ce sont mes relations affectives ou tout ce qui me nourrit “émotionnellement”.

Pour être en bonne santé, j’ai intérêt à absorber une nourriture de qualité à ces trois niveaux.

Le niveau physique : comment est-ce que je me nourris ? Quelle est la qualité des aliments que j’absorbe, que je mets à l’intérieur de moi-même. On n’imagine pas mettre une essence de mauvaise qualité dans le réservoir de sa voiture … Quid de notre corps qui a beaucoup plus de valeur que notre voiture ? Un sage hindoux disait quant à lui que ce qui était important n’était pas la quantité ou qualité de la nourriture mais ce que nous pouvons digérer. Cela implique une observation consciente de son corps après s’être alimenté … Comment mon corps réagit-il dans les minutes ou les heures après l’absorption ?

Le niveau mental : qu’est-ce que je regarde, qu’est-ce que je lis ? Si mes yeux et mes oreilles côtoient continuellement de la violence ou de la noirceur, comment s’étonner que cette nourriture ait un impact négatif sur mes pensées quotidiennes ?

Le niveau émotionnel : quelles sont mes relations ? Nourrisantes ou toxiques ? Pourquoi maintenir des relations qui me font du mal ? Pourquoi continuer à poursuivre dans le rôle de la victime ?

Lorsque j’accompagne des personnes qui souffrent de boulimie, je conseille de “sacraliser” la nourriture avant l’absorption (via une prière, un petit rituel …) et d’absorber la nourriture lentement, en conscience. Cela permet de rétablir une connection plus saine entre la nourriture terrestre et le plan vibratoirement plus élevé de la personne.

Eradiquer la culpabilité

La culpabilité est un véritable poison mental qui … n’est en fait pas nécessaire. Malheureusement, la culpabilité a été renforcée par les religions. C’est un puissant moyen de garder l’autre en son pouvoir.

Nous ne sommes pas égaux face à la culpabilité. Certaines personnalités sont plus vulnérables que d’autres.

Les conséquences de la culpabilité sur soi diffèrent selon les individus. Elle peut se manifester au niveau mental (pensées noires), émotionnel (colère contre soi-même) ou corporel (somatisation).

Le processus de culpabilisation commence en soi-même, trouvant ses racines dans les profondeurs de notre inconscient. Notre juge intérieur est en fait beaucoup plus dur que les autres, que notre entourage immédiat. Si l’autre a un pouvoir sur moi via la culpabilité c’est parce que il y a en moi un juge qui l’y autorise.

Le scénario est simple : le juge condamne et une punition doit s’ensuivre. C’est ainsi que des personnes, inconsciemment, rongées par une culpabilité consciente ou inconsciente, se mettent dans des situations difficiles où l’environnement va se charger d’appliquer la punition du condamné … Les acteurs se mettent en place et le film commence. Sans nous en rendre compte, nous créons véritablement cette situation. Nous sommes les réalisateurs du film …

Comment s’en sortir ? Dans les cas sérieux, il faut aller aller à la racine de la culpabilité. Elle est parfois profonde. Le mécanisme de déracinement le plus puissant que je connaisse est le pardon … envers soi-même.

Le pardon ne signifie pas que j’ai fauté ou que l’autre a fauté, même si cela peut être une réalité. Et SVP, excluons ici toute notion religieuse du pardon, déformée par des siècles d’obscurantisme.

Le pardon c’est rétablir le lien, la connection avec soi-même. C’est le médicament qui soigne la maladie. C’est la mise à jour qui répare le bug informatique. Souvent, il faut répéter plusieurs fois.

Un remède assez efficace est le Ho oponopono. Un spécialiste : Luc Bodin, médecin. Voici une courte vidéo :

Un autre petit truc : quand je me sens coupable, je peux poser un acte réparateur, envers moi ou envers une autre personne. L’acte aide à désamorcer le processus et à m’alléger.

Aligner le “je pense”, “je dis”, “je fais”

La nature fonctionne en parfaite synchronicité. Une force mystérieuse semble à l’oeuvre qui unit les végétaux entre eux (c’est scientifiquement prouvé pour les arbres) et aussi les animaux et le reste de la nature (la relation abeilles-fleurs par exemple). Dans cet environnement naturel harmonieux, l’homme semble faire exception. C’est “un animal conscient” en évolution.

Les lois de la nature fonctionnent de manière cohérente selon les lois physiques, mathématiques, géométriques. Ces lois apportent de la sécurité. Peut-on imaginer qu’un jour la loi de la gravitation fonctionne et un autre jour non ? Peut-on imaginer une journée à 24h puis à 22h ?

Comment un être humain peut-il incarner cette cohérence ?

La cohérence implique un alignement où chaque niveau de l’être est en accord avec les autres. Ainsi en est-il du “Je pense”, “Je dis”, “Je fais”. Lorsque ces trois “je” sont alignés, il en résulte une harmonie intérieure et extérieure. Lorsque un niveau contredit l’autre, nous entrons en conflit interne et externe.

Quelques exemples :

  • Je promets à mon fils d’aller à la piscine avec lui dimanche (je dis). Pour X raisons, je ne tiens pas ma promesse (je ne fais pas). Conséquence : perte de sécurité pour l’enfant.
  • Je dis à ma fille de ne pas utiliser son GSM en mangeant. Mais je le fais moi … Conséquence : ma fille sent une contradiction entre ce que je dis et ce qu’elle me voit faire. Conséquence : elle entre en conflit intérieur qui se manifestera de X manières suivant sa personnalité.
  • Un manager annonce une action à son équipe (il dis). Un peu plus tard, il ne l’applique pas où il fait le contraire de ce qu’il a annoncé (il ne fait pas). Conséquence pour l’équipe : perte de confiance envers le manager.
  • Un manager dit oui à l’un et non à l’autre sans raisons objectives. Contradiction entre deux “je dis”. Conséquence : sentiment d’injustice de celui qui reçoit le “non”.
  • Mon époux me demande quelque chose. Je pense “non” mais je dis “oui” par peur de déplaire, par culpabilité ou autre raison. Conflit interne entre “je pense” et “je dis”. Conséquence : malaise, conflit interne, colère contre soi ou symptômes psychosomatiques.
  • Mon patron me demande à chaque fois plus qu’à mes collègues. Je pense “Non” mais je dis à chaque fois “oui” par désir de reconnaissance ou par peur de déplaire. Conséquences possibles : victimisation, sentiment d’impuissance, culpabilité, colère refoulée, tristesse, somatisation, …
  • Je m’engage vis-vis de quelqu’un (par exemple une promesse d’aider ou d’acheter) puis je me rétracte. Conséquence : perte de confiance de l’autre, conflit potentiel, rancune, …

La cohérence nécessite de devenir plus conscient de ses pensées, de ses paroles et de ses actions.

Un être conscient commence à percevoir que ses pensées, ses paroles et ses actions ont un impact sur lui-même, sur les autres et sur son environnement global. Oui, même les pensées.

L’être humain aligné commence à devenir un acteur responsable qui peut agir puissamment et en qui on peut faire confiance.

Dans un langage plus spirituel, l’alignement “pensée (tête)” et “action (pied)” nous permet de relier le ciel et la terre. La pensée (“Dieu père ciel”) cherche à devenir concrète sur le plan matériel (“Dieu mère terre”). Par exemple, j’imagine ma future maison puis je la construis.

Nous touchons au coeur du processus de création.