Une vision platonicienne du confinement

Quand nous regardons les médias et les réseaux sociaux, nous observons des visions très différentes sur le confinement. Choisissons-en deux : l’une microscopique (vision restreinte) l’autre macroscopique (vision élargie).

Dans la vision micro, je suis obligé légalement de ne pas sortir pour des raisons sanitaires. Cela implique de vivre cette situation au niveau mental (avec des moments dépressifs), au niveau émotionnel (peur d’être malade, peur de mourir) et au niveau physique (je dois rester dans mon appartement). Cette situation amène toute une série de conséquences dans ma vie quotidienne. L’être humain s’adapte comme il peut, chacun différemment en fonction de sa personnalité, de son histoire de vie, de sa situation familiale et affective)

Dans la vision macro, je regarde les choses de beaucoup, beaucoup plus haut. La fusée décolle, traverse la stratosphère.  La terre commence à apparaître comme une planète au milieu d’autres planètes et si on s’éloigne encore, cette terre n’est plus qu’un grain de sable dans l’immensité cosmique.

Considérons le confinement (enfermement) à un niveau beaucoup plus vaste en s’arrêtant à la vision globale de la terre.

Considérons la période coronavirus comme une période limitée dans une vaste histoire humaine. On s’aperçoit que l’être humain vit en fait confiné depuis plusieurs milliers d’année. L’être humain est ambigu : à la fois il aspire à la liberté et à la fois il s’est toujours débrouillé pour restreindre cette liberté (le plus souvent par peur de lui-même .). Il y a toujours eu un pouvoir étatique ou un pouvoir religieux pour lui dire ce qui était bon pour lui et ce qui ne l’était pas. Le collectif humain a créé  ces balises ainsi que la carotte et le bâton pour les faire respecter. Les rebelles ont surtout eu droit au bâton mais ils ont goûté à la liberté.  Les suiveurs ont mangé la carotte mais ils ont pris du poids … La balise religieuse a sans aucun doute été celle qui a eu le plus d’impact au niveau collectif. 

L’allégorie de la caverne de Platon offre une très intéressante vision macro. Dans cette image, on voit un homme enfermé dans une caverne. Lorsqu’on lui propose de sortir de la caverne et d’aller à l’air libre, il prend peur et préfère les chaînes à ce monde qui lui est inconnu à l’extérieur. 

Si l’on revient au coronavirus et à la vision macro, l’homme a une chance de découvrir que le confinement lui rappelle en fait son propre enfermement intérieur. Le confinement devient la symbolique d’un enfermement intérieur que l’humain vit depuis des temps immémoriaux. 

Je souris maintenant aux adeptes de la théorie du complot (dont je peux reconnaître parfois une certaine attirance), qui met en garde contre l’implantation d’une puce dans le corps de l’homme (avec une vaccination obligatoire de masse) qui pourrait lui faire perdre son libre arbitre. Avec la vision macro, j’y vois la symbolique d’une réalité beaucoup plus subtile. Cette puce existe déjà … au niveau de notre ADN. Depuis qu’il marche sur terre, l’homme s’est adapté à la vie avec la peur. Sa peur racine étant la peur de la mort, liée soit à la maladie soit à des catastrophes naturelles. Il nous appartient maintenant de dépasser cette peut archaïque en nous pour entrer dans la véritable liberté intérieure. Voilà pour moi, l’enjeu de ce qui se passe actuellement à un niveau beaucoup plus subtil. 

Sortir de la caverne où l’humanité s’est enfermée si longtemps fait peur. Il y a, dehors, un monde inconnu décrit par les contes, les prophètes et les mystiques. Et si, comme humain, nous étions maintenant mures pour oser entrer dans ce monde inconnu auquel aspire en fait tout notre Etre ? Prendre son courage à deux mains (il en faut) pour ôter soi-même ses propres chaines et sortir de la caverne (sans doute la peur au ventre), et découvrir en fait que cette peur, profondément ancrée dans l’inconscient collectif humain, n’était qu’une illusion. Au cours de l’histoire humaine, certains ont réussi à se débarrasser de leurs chaines et à sortir de la caverne. Aujourd’hui, toute l’humanité est invitée à sortir de la caverne. Il est maintenant l’heure de choisir.

Grandir dans la tempête

Une image pour comprendre ce que je vais développer : il fait plein jour et vous êtes dans une salle avec un public. Les fenêtres laissent passer généreusement la lumière du jour. Vous allumez une bougie. Le public va-t-il voir la lumière de cette bougie ? Très faiblement me répondrez-vous. Pourquoi ? Parce que la lumière du jour est forte et rend la lumière de cette bougie peu visible. Fermons maintenant les volets de la pièce. Il fait très sombre. J’allume à nouveau cette bougie. Que vont voir les personnes dans la salle ? Clairement, elles verront la lumière de cette bougie. L’obscurité amiante permettra pleinement la visibilité de cette lumière.

Transposons maintenant cette image à notre vie habituelle. Imaginons que le monde extérieur est paisible et harmonieux. Il y aura-t-il un quelconque besoin de travailler sur la paix et l’harmonie ? “Non” me répondrez-vous. Pourquoi ? Une réponse évidente : quelle serait la raison d’aller chercher quelque chose que je vis déjà.

Imaginons maintenant un monde extérieur qui n’est ni paisible ni harmonieux. Deux choix se présenteront à vous : soit vous vous identifiez complètement à l’environnement extérieur. Vous voilà dès lors emporter dans la tempête ; soit vous cherchez en vous-même un espace de paix et d’harmonie que vous ne pouvez trouver à l’extérieur. Dans ce deuxième choix, vous construisez une fondation solide. Cette paix et cette harmonie prennent leur source en vous et ne dépendent plus de l’extérieur.

Trouvons maintenant quelques exemples pratiques. Ces exemples sont faciles à trouver avec cette crise du coronavirus et sans doute la crise économique importante qui s’en suivra.

Premier exemple : le confinement m’oblige à la distanciation, à l’isolement. Cela me met en position du “manque de l’autre”. Réponse résiliente : à l’intérieur, je vais travailler la relation avec moi-même en me posant des questions qui sont vraiment importantes pour moi : quel est le sens de mon travail ? Où en suis-je dans mes relations affectives ? Il y a-t-il des choix de vie différents à faire ? …

Deuxième exemple : une incohérence importante existe dans le monde extérieur. Nous pouvez l’observer actuellement avec ces multitudes d’informations qui nous arrivent et qui disent tout et son contraire. De même pour les règles à respecter pour le confinement qui sont souvent imprécises et même illogiques. Une autre occasion pour tourner notre regard à l’intérieur et chercher la cohérence en soi et non à l’extérieur de soi. Je vais m’interroger sur ma propre cohérence. Par exemple, mes pensées, mes paroles et mes actions sont-elles cohérentes dans ma relation à l’autre ? Suis-je cohérent lorsque je dis quelque chose et que je fais le contraire ? Suis-je cohérent lorsque je pense “non” et que je dis “oui” ?

Nous voici au coeur de ce qu’on appelle la résilience : au lieu de me placer comme victime par rapport à une situation extérieur, je l’utilise pour me construire à l’intérieur, pour grandir, pour évoluer. J’installe alors, petit à petit, des fondations intérieures sur lesquelles je pourrai m’appuyer dans la tempête extérieure.

Lorsque mes fondations intérieures sont solides, alors je peux vraiment aider ce monde en montrant l’exemple.

Se préparer à l’après coronavirus

Pour ceux qui en douteraient encore, il est clair que nous avons basculé dans un tout autre paysage. Il y aura un avant et un après le coronavirus. Beaucoup d’experts sont d’accord sur ce point. Nous vivons l’évènement le plus important depuis la 2ème guerre mondiale. Beaucoup d’entre nous ont fait des projets sur base d’un modèle qui est en train de s’effondrer. A titre exemple, voici les secteurs économiques qui sont en train de s’écrouler sous les dettes (en rouge).

On observe que l’alimentaire et la santé sont en croissance de 100% (en blanc). Se nourrir (comme veiller à la santé du corps) est un besoin de base, comme le décrit Maslow dans sa pyramide des besoins.

Pyramide de Maslow – Après Coronavirus

Ceci signifie qu’en période de crise, nous en revenons aux besoins fondamentaux. Nous pouvons en conclure que dans la période qui vient, ce sont ces besoins là qui seront mis au centre et pour lesquels nous devrons être vigilants.

Il y a aussi une prise de conscience à faire par rapport à sa vision du monde. Beaucoup ont vécu dans leur petite bulle confortable, leur confort matériel leur permettant d’être distant par rapport aux drames du monde. Cette vision est dépassée dans la mesure où chacun est maintenant directement impacté par les conséquences du coronavirus et du confinement. Il suffit de prendre pour exemple les voyages touristiques qui ne sont actuellement plus possibles. Et lorsque la réalité de la crise économique apparaîtra au grand jour, nous ne pourrons plus nier la réalité. Ceci pourrait être un choc pour beaucoup : nous ne serons plus dans une téléréalité mais dans LA réalité.

Il est important d’être conscient du carrefour planétaire où nous sommes actuellement. Bien avant le coronavirus, les indicateurs étaient au rouge au niveau économique, financier, climatique, sociétal, … (voir par exemple l’avis économique de Charles Gave bien avant la crise). Il y avait aussi une forte progression de la technologie qui permettait à des experts comme Jeremy Rifkin de parler de “la fin du travail“. Le coronavirus, avec l’électrochoc qu’il provoque, va mettre en lumière tous ces défis que nous refusions jusqu’ici de mettre clairement sur la table. Il est étonnant de voir ces milliers de milliards d’euros qui sont débloqués pour gérer la crise alors qu’il ne pouvaient être trouvés précédemment pour motif d'”endettement”.

Alors, fondamentalement, qu’est-ce qui va changer dans nos vies ? A mon sens, l’élément le plus important à prendre en considération est que nous quittons un monde basé sur le paternalisme. En cas de problème, nous nous tournions vers “Papa Etat” pour le chômage, pour les congés maladie, pour renflouer les banques, … Suite à la crise, et je suis ici dans un avis validé par des experts, les états seront incapables d’assurer comme auparavant. Il s’agit donc de compter sur soi-même d’abord et d’assurer sa propre résiliance. Durant des années, j’ai animé l’atelier “Oser créer son emploi” car j’avais la certitude que l’emploi indépendant serait un jour beaucoup plus important que l’emploi salarié. Maintenant, il est temps de reprendre véritablement son destin en main et de croire en son potentiel.

Concrètement que peut-on faire ?

Au niveau financier d’abord (pour nos besoins de base)

L’argent et l’émotionnel font mauvais ménage. Il faut d’abord sortir de l’émotionnel et analyser très concrètement sa situation financière (entrées-sorties)

  • S’interroger sur le nombre de jours/mois/années que je (ma famille) peux vivre sans rentrées financières
  • Identifier les dépenses essentielles (nourriture et toit) des dépenses accessoires
  • Déterminer les différentes options possibles

Au niveau de sa santé physique

Le corps est notre première maison. S’ils ne fonctionnent plus ou pas bien, comment pouvons-nous encore agir efficacement ? Il s’agit donc de prendre soin de son véhicule physique. Je m’étonne souvent que des personnes soignent mieux leur voiture que leur propre corps …

Au niveau de sa santé émotionnelle

Les émotions sont naturelles et doivent s’exprimer d’une manière ou d’une autre sans nuire à personne : par exemple sport, TRE, bioénergie, taper sur un coussin, couper du bois, … Une fois exprimées de cette manière, il est alors possible de dialoguer avec l’autre. Ceci fait partie de ce qu’on appelle l’intelligence émotionnelle. Les psychologues mettent aussi en garde sur les risques psycho-sociaux post-confinement. Voici un article paru dans le journal Le Soir à ce sujet.

Au niveau de sa santé mentale

Regarder continuellement des émissions anxiogènes nous plonge dans le désarroi et finit par nous emprisonner dans un espace de peur. Préférer des émissions relaxantes ou s’endormir en écouter des playlists de musique 432 HZ.

Un dernier mot sur le spirituel

Sujet souvent tabou. Nous évitons de parler de Dieu, de divin, de sacré … Je me rappelle cette formation où j’avais écrit le mot “Dieu” avec une majuscule sur un flip chart. Une participante m’avait interpellé en me demandant d’écrire “dieu” et non pas “Dieu”… au nom de la laïcité. Dans une société matérialiste, nous ne croyons que ce que nous voyons. Et si le matériel vacille, à quoi pouvons-nous encore nous rattacher sinon à nos fondations intérieures ?

Le spirituel n’est pas le religieux. La base du spirituel est la recherche de sa réalité profonde, ce qui va plus loin que son seul corps physique. La base du religieux est la règle et le dogme. Une crise (intérieure ou extérieure) peut être une opportunité pour démarrer un chemin de développement personnel qui nous conduit, étape par étape, au coeur de notre Etre. Cela implique de traverser, mettre en lumière, toutes les illusions crées par notre éducation, notre formatage culturel, nos traumatismes, … En bref, dépasser le JE pour découvrir le SOI qui est notre réalité éternelle. C’est ce qu’expriment si bien les contes et les mythes qui véhiculent des vérités qui traversent les âges en attendant que notre mental limité puisse les intégrer.

Dans cette période particulière de l’histoire de l’humanité, nous sommes invités à relier la matière (l’énergie) à la conscience (le sacré). L’alliance de ces deux parties en nous (terre et ciel) feront naître cet Homme nouveau et cette Femme nouvelle qui amèneront la paix et l’harmonie sur terre. Utopie ? Je répondrai à la question par cette histoire du colibri de Pierre Rabhi.

Je vous partage trois mots en conclusion : courage, espoir et solidarité.

Coronavirus : Maintenant … et après …

Nous vivons actuellement l’évènement le plus important depuis la deuxième guerre mondiale. Aux dernières nouvelles, plus de trois milliards de personnes sont confinées dans le monde.

Concernant la nature du virus et la stratégie la plus efficace pour stopper l’épidémie, voici le meilleur article scientifique que j’ai lu sur la question.

Quant au coût psychologique de la situation, il devient de plus en plus haut.

Un grand nombre de personnes confinées passent leur temps à écouter les informations anxiogènes diffusées sans arrêt par les medias. Dans les homes, beaucoup de personnes âgées sont seules. Pensons aussi à ces jeunes confinés qui tournent en rond comme des lions en cage.

Quant au retour au travail après le confinement, sera-t-il perçu comme un retour de vacances ? Voici un article écrit par un collègue à ce sujet.

Par rapport à la finance et l’économie mondiale : nous vivons un crash mondial en direct. Celui-ci passe en deuxième plan pour l’instant vu la focalisation médiatique sur le virus. En attendant, de très nombreuses entreprises sont menacées de faillite et un nombre très important de personnes sont en chômage technique. Les chaines de distribution basées sur la mondialisation se fissurent. A l’heure de la globalisation, la fabrication d’une voiture nécessite des composants d’au moins 30 pays différents.

Il est une chose dont nous pouvons être certain : rien ne sera plus comme avant. Je vous invite à visionner cette vidéo très courte du premier ministre français. Tout est dit.

Nous vivons un changement de paradigme. Si nous voulons être honnête, nous devons admettre que le paradigme que nous quittons ne tenait plus la route. De nombreux signaux socio-économiques et environnementaux nous indiquaient que la machine globale était “grippée” / “coronavirée”. Ce virus a été le cygne noir, le battement d’aile du papillon provoquant l’écroulement d’un édifice en délabrement avancé.

Actuellement, nous sommes dans l’entre deux : nous savons ce que nous quittons mais nous ignorons où nous allons. Selon mon analyse, une grande partie de la peur viendra de notre incertitude sur l’avenir. Nos croyances, nos certitudes, nos dogmes à bien des niveaux (travail, couple, famille, …) devront être remis en question et ce n’est pas une mince affaire, tant ceux-ci ont façonné nos quotidiens.

Il nous appartient d’imaginer dès à présent le nouveau monde que nous souhaitons construire. Il nous appartient de redéfinir en profondeur notre relation à la nature. Il est temps de nous réveiller et d’oser exprimer sans plus aucune retenue nos idées, nos talents, notre plein potentiel. Dans “l’ancien monde”, beaucoup se sont cachés dans l’ombre par peur du rejet. Dans ce “vide créateur”, maintenant, il est de notre responsabilité de sortir de l’ombre et d’exprimer nos idées. Le mot d’ordre : Oser. A défaut, d’autres sortiront leur propre agenda, avec des propositions plus égoïstes qu’altruistes.

En physique quantique, on parle de champs de potentialités. Nous serons bientôt amenés à choisir la meilleure potentialité pour construire un monde nouveau. Les anciennes méthodes ne fonctionnent plus. Il nous faut du neuf.

Il est dès lors temps de se reconnaître co-créateur de ce monde en devenir. Une création collective qui commence d’abord par une question à soi-même : quel est le monde que je veux pour moi et mes enfants et suis-je prêt à le vivre MAINTENANT ? L’engagement, notre engagement à construire ce nouveau monde est certainement la décision personnelle la plus importante dans les mois à venir.

Il nous appartient de sortir de l’esclavage dans lequel nous étions confiné (oui, même avant le confinement virus) et de nous reconnaître libre de choisir le monde que nous souhaitons. Nous quittons un monde paternaliste (j’attends qu’un autre fasse pour moi) pour un monde fondé sur la conscience responsable et créatrice. L’adolescence est terminée. Nous devons maintenant sortir du nid et compter d’abord sur nos propres forces. Cela signifiera faire preuve d’autonomie, de débrouillardise et de courage. Au final, cette épreuve dans la transition nous rendra beaucoup plus fort. Un animal sauvage est plus fort qu’un animal domestique car il sait trouver par lui-même sa nourriture et reste confiant du lendemain sans savoir ce qu’il adviendra.

Dans mon parcours psycho-spirituel, je me suis préparé à ce changement depuis longtemps déjà. Je compte bien participer concrètement à la construction de ce nouveau monde que je veux plus solidaire, plus équitable et plus respectueux de Mère nature.

Coronavirus : quelques vidéos ressources

Quelques vidéos que j’ai enregistrées avec les moyens du bord et que je vous partage.

Vidéos en français :

Gérer ses émotions

Soignants : gérer l’impuissance et la culpabilité

Visualiser un nouveau monde

Vidéos en anglais

Managing emotions

Towards a new Earth

Quelques avis d’experts

Sur le virus lui-même

Sur la crise économique à venir (surtout intéressant à partir de la moitié)

Et n’oublions pas de rire aussi de temps en temps, cela permet de beaucoup alléger la lourdeur ambiante.

Courage !

Relations technologie & humain

A l’heure où les nouvelles technologies changent drastiquement nos habitudes de travail et nos modes de vie, je pense utile d’écrire quelques mots à ce sujet.

J’ai fait face à une question intéressante dans le cadre d’un coaching. Pour des raisons de confidentialité, j’éviterai tout indice qui permettrait d’identifier le client.

Un département d’une organisation publique est chargée de communiquer régulièrement des informations politiques aux medias. Le laps de temps entre la production de ces informations et la communication de ces informations aux medias est de deux heures. Deux départements différents sont en charge de cette transmission. Le premier département met 1h45 pour collecter l’information et élaborer le document. Le deuxième département met 15 minutes pour la délivrance finale du document aux medias. Les medias se plaignent du laps de temps entre la réception de l’information et la délivrance de cette information. La personne qui s’adresse à moi est le responsable du deuxième département. Il a pu réduire le laps de temps de cinq minutes (il est passé de 15 minutes à 10 minutes). Par contre, le premier département refuse de se remettre en question et renvoie la responsabilité au deuxième département qui est en contact direct avec les medias.

Nous analysons la situation. De nouvelles technologies pourraient être introduites au sein du premier département pour raccourcir le temps d’au moins 1h (passer de 1h45 à 45 minutes). Pourquoi ces nouvelles technologies n’ont-elles pas été mises en place ? La réponse sera trouvée au niveau humain. Cinq personnes sont chargées du travail dans le premier département et le chef hiérarchique est à la tête de 8 personnes (en incluant ces cinq personnes). Si de nouvelles technologies sont mises en place, le nombre de personnes nécessaires passera de cinq à une. De plus, le chef hiérarchique ne dirigera plus qu’une équipe de 4 personnes … Il y a donc résistance à introduire ces nouvelles technologies qui aboutiraient à la réduction de l’emploi et à la perte de pouvoir du responsable de département.

La solution qui a été trouvée est une réunion des deux départements où le responsable du deuxième département établiraient juste les faits et où la démarche orientée client serait mise en avant.

La question de la relation entre l’humain et les nouvelles technologies peut aussi être étudiée à d’autres niveaux. Voici un article qui illustre bien ce sujet.

Jeremy Rifkin avait aussi écrit un livre prophétique dans les années 90 : “La fin du travail“.

Le plus difficile pour l’humain sera de trouver un nouveau sens à son existence : une existence non plus centrée exclusivement sur le travail mais sur le temps libre. Durant des dizaines de milliers d’années, l’homme s’est concentré sur le travail pour sa subsistance. Le formatage est profondément ancré dans la psyché humaine. Le changement de paradigme qui s’annonce est un bouleversement majeur dans la relation de l’homme à lui-même, à la collectivité et à la nature.

Les nourritures

Nous pensons souvent à des aliments quand nous parlons nourriture. En fait, l’être humain se nourrit à différents niveaux …

Le niveau physique d’abord : ce sont les aliments et les boissons que nous absorbons.

Le niveau mental : ce sont mes lectures, ce que je regarde à la télévision ou sur internet.

Le niveau émotionnel : ce sont mes relations affectives ou tout ce qui me nourrit “émotionnellement”.

Pour être en bonne santé, j’ai intérêt à absorber une nourriture de qualité à ces trois niveaux.

Le niveau physique : comment est-ce que je me nourris ? Quelle est la qualité des aliments que j’absorbe, que je mets à l’intérieur de moi-même. On n’imagine pas mettre une essence de mauvaise qualité dans le réservoir de sa voiture … Quid de notre corps qui a beaucoup plus de valeur que notre voiture ? Un sage hindoux disait quant à lui que ce qui était important n’était pas la quantité ou qualité de la nourriture mais ce que nous pouvons digérer. Cela implique une observation consciente de son corps après s’être alimenté … Comment mon corps réagit-il dans les minutes ou les heures après l’absorption ?

Le niveau mental : qu’est-ce que je regarde, qu’est-ce que je lis ? Si mes yeux et mes oreilles côtoient continuellement de la violence ou de la noirceur, comment s’étonner que cette nourriture ait un impact négatif sur mes pensées quotidiennes ?

Le niveau émotionnel : quelles sont mes relations ? Nourrisantes ou toxiques ? Pourquoi maintenir des relations qui me font du mal ? Pourquoi continuer à poursuivre dans le rôle de la victime ?

Lorsque j’accompagne des personnes qui souffrent de boulimie, je conseille de “sacraliser” la nourriture avant l’absorption (via une prière, un petit rituel …) et d’absorber la nourriture lentement, en conscience. Cela permet de rétablir une connection plus saine entre la nourriture terrestre et le plan vibratoirement plus élevé de la personne.

Eradiquer la culpabilité

La culpabilité est un véritable poison mental qui … n’est en fait pas nécessaire. Malheureusement, la culpabilité a été renforcée par les religions. C’est un puissant moyen de garder l’autre en son pouvoir.

Nous ne sommes pas égaux face à la culpabilité. Certaines personnalités sont plus vulnérables que d’autres.

Les conséquences de la culpabilité sur soi diffèrent selon les individus. Elle peut se manifester au niveau mental (pensées noires), émotionnel (colère contre soi-même) ou corporel (somatisation).

Le processus de culpabilisation commence en soi-même, trouvant ses racines dans les profondeurs de notre inconscient. Notre juge intérieur est en fait beaucoup plus dur que les autres, que notre entourage immédiat. Si l’autre a un pouvoir sur moi via la culpabilité c’est parce que il y a en moi un juge qui l’y autorise.

Le scénario est simple : le juge condamne et une punition doit s’ensuivre. C’est ainsi que des personnes, inconsciemment, rongées par une culpabilité consciente ou inconsciente, se mettent dans des situations difficiles où l’environnement va se charger d’appliquer la punition du condamné … Les acteurs se mettent en place et le film commence. Sans nous en rendre compte, nous créons véritablement cette situation. Nous sommes les réalisateurs du film …

Comment s’en sortir ? Dans les cas sérieux, il faut aller aller à la racine de la culpabilité. Elle est parfois profonde. Le mécanisme de déracinement le plus puissant que je connaisse est le pardon … envers soi-même.

Le pardon ne signifie pas que j’ai fauté ou que l’autre a fauté, même si cela peut être une réalité. Et SVP, excluons ici toute notion religieuse du pardon, déformée par des siècles d’obscurantisme.

Le pardon c’est rétablir le lien, la connection avec soi-même. C’est le médicament qui soigne la maladie. C’est la mise à jour qui répare le bug informatique. Souvent, il faut répéter plusieurs fois.

Un remède assez efficace est le Ho oponopono. Un spécialiste : Luc Bodin, médecin. Voici une courte vidéo :

Un autre petit truc : quand je me sens coupable, je peux poser un acte réparateur, envers moi ou envers une autre personne. L’acte aide à désamorcer le processus et à m’alléger.

Aligner le “je pense”, “je dis”, “je fais”

La nature fonctionne en parfaite synchronicité. Une force mystérieuse semble à l’oeuvre qui unit les végétaux entre eux (c’est scientifiquement prouvé pour les arbres) et aussi les animaux et le reste de la nature (la relation abeilles-fleurs par exemple). Dans cet environnement naturel harmonieux, l’homme semble faire exception. C’est “un animal conscient” en évolution.

Les lois de la nature fonctionnent de manière cohérente selon les lois physiques, mathématiques, géométriques. Ces lois apportent de la sécurité. Peut-on imaginer qu’un jour la loi de la gravitation fonctionne et un autre jour non ? Peut-on imaginer une journée à 24h puis à 22h ?

Comment un être humain peut-il incarner cette cohérence ?

La cohérence implique un alignement où chaque niveau de l’être est en accord avec les autres. Ainsi en est-il du “Je pense”, “Je dis”, “Je fais”. Lorsque ces trois “je” sont alignés, il en résulte une harmonie intérieure et extérieure. Lorsque un niveau contredit l’autre, nous entrons en conflit interne et externe.

Quelques exemples :

  • Je promets à mon fils d’aller à la piscine avec lui dimanche (je dis). Pour X raisons, je ne tiens pas ma promesse (je ne fais pas). Conséquence : perte de sécurité pour l’enfant.
  • Je dis à ma fille de ne pas utiliser son GSM en mangeant. Mais je le fais moi … Conséquence : ma fille sent une contradiction entre ce que je dis et ce qu’elle me voit faire. Conséquence : elle entre en conflit intérieur qui se manifestera de X manières suivant sa personnalité.
  • Un manager annonce une action à son équipe (il dis). Un peu plus tard, il ne l’applique pas où il fait le contraire de ce qu’il a annoncé (il ne fait pas). Conséquence pour l’équipe : perte de confiance envers le manager.
  • Un manager dit oui à l’un et non à l’autre sans raisons objectives. Contradiction entre deux “je dis”. Conséquence : sentiment d’injustice de celui qui reçoit le “non”.
  • Mon époux me demande quelque chose. Je pense “non” mais je dis “oui” par peur de déplaire, par culpabilité ou autre raison. Conflit interne entre “je pense” et “je dis”. Conséquence : malaise, conflit interne, colère contre soi ou symptômes psychosomatiques.
  • Mon patron me demande à chaque fois plus qu’à mes collègues. Je pense “Non” mais je dis à chaque fois “oui” par désir de reconnaissance ou par peur de déplaire. Conséquences possibles : victimisation, sentiment d’impuissance, culpabilité, colère refoulée, tristesse, somatisation, …
  • Je m’engage vis-vis de quelqu’un (par exemple une promesse d’aider ou d’acheter) puis je me rétracte. Conséquence : perte de confiance de l’autre, conflit potentiel, rancune, …

La cohérence nécessite de devenir plus conscient de ses pensées, de ses paroles et de ses actions.

Un être conscient commence à percevoir que ses pensées, ses paroles et ses actions ont un impact sur lui-même, sur les autres et sur son environnement global. Oui, même les pensées.

L’être humain aligné commence à devenir un acteur responsable qui peut agir puissamment et en qui on peut faire confiance.

Dans un langage plus spirituel, l’alignement “pensée (tête)” et “action (pied)” nous permet de relier le ciel et la terre. La pensée (“Dieu père ciel”) cherche à devenir concrète sur le plan matériel (“Dieu mère terre”). Par exemple, j’imagine ma future maison puis je la construis.

Nous touchons au coeur du processus de création.

Guérison du coeur

Le mot “aimer” a certainement été celui qui a été le plus célébré à travers la poésie, la littérature, la musique, la peinture, … L’amour nous permet de sortir de notre petit “je” et d’entrer en relation avec quelque chose de plus grand que soi.

L’amour est une énergie de relation, de connection, que ce soit entre deux êtres humains, entre un humain et la nature, entre un humain et un animal, entre un humain et le cosmos, …

Idéalement, cette énergie devrait couler fluidement, librement, sans entrave, sans blocage … Comme un ruisseau …

Mais l’être humain doit faire face à son “je”, son ego, souvent blessé par son histoire personnelle, ses manques, ses traumatismes, ses blessures diverses. Il risque de vivre un amour au niveau égotique. Le partenaire va être vu avec les lunettes de nos blessures. Nous attendons que ce partenaire remplisse notre vide intérieur ou soigne nos blessures. La peur de l’abandon peut être forte. Si notre partenaire ne répond pas à nos besoins, cela déclenche de la colère ou de la tristesse. L’amour qui devrait être source de joie devient source de souffrance.

C’est ce que Jacques Salomé appelle “le pseudo amour”.

Une autre blessure souvent méconnue est la peur de recevoir. Je peux donner de l’amour mais en recevoir est vu comme un danger … Si l’autre me déclare son amour, je panique et je fuis. C’est souvent le cas quand l’amour que nous avons reçu de nos parents était un amour désaxé. Nous avons alors associé l’amour à de la souffrance.

Un travail thérapeutique au niveau de notre “je”, de notre ego, peut s’avérer indispensable. Nous prenons alors en charge notre propre guérison en ne considérant plus l’autre comme un substitut de nos manques. Une fois nos parties blessées guéries, nous pouvons alors entrer dans une véritable relation d’amour fondée sur le plaisir et la liberté.

J’ai pu observer qu’un grand nombre de couples commencent une histoire où, inconsciemment, ils cherchent en fait à se réparer mutuellement. Par exemple Monsieur n’a pas connu sa mère et recherche inconsciemment une mère. Madame n’a pas eu d’enfant et recherche inconsciemment un enfant. Dans cette configuration, chacun participe à combler au manque de l’autre. Jusqu’au moment où Madame vit une période difficile et a besoin à côté d’elle non pas d’un enfant mais d’un homme sur lequel elle peut s’appuyer. Ou alors Monsieur fait un travail sur lui-même, il guérit son enfant intérieur et recherche alors non plus “la mère” mais “la femme”. Si Madame n’a pas guéri sa blessure de manque d’enfant, elle risque de rester cantonnée dans son rôle de mère qui nourrit et protège. Elle est décontenancée par ce partenaire qu’elle ne reconnaît plus.

Si un membre du couple sort du jeu, le jeu s’arrête. Soit le couple se sépare, soit chacun entame un travail personnel de guérison associé à une thérapie de couple. Certains couples ne sont pas prêts à se remettre en question. La séparation est alors hautement probable avec le risque évident de rejouer un jeu similaire ailleurs … L’histoire se répète car elle n’a pas été conscientisée.

Pour terminer cet article qui ne couvre certainement pas toute la question (le sujet est vaste), je vous propose cette magnifique vidéo de Marina Abramovic. Elle parle de sa relation avec Ulay avec qui elle a vécu un amour passionnel.