L’avant et l’après Corona Scénarios possibles pour 2021-2025

Anticiper l’avenir pour mieux se préparer

Depuis plus de 20 ans, je lis assidument la presse politique, financière et économique. Mes lectures touchent à la fois les medias classiques (dits “mainstream”) et les médias alternatifs. Je me considère comme un observateur curieux de ce qui se passe au niveau national et international. J’essaye d’identifier les faits, je mets en lien les différentes sources d’informations et je me crée ma propre opinion.

Actuellement, cet exercice est difficile. D’abord parce que le monde est devenu incroyablement complexe car interconnecté. Ensuite parce qu’il est difficile d’identifier les faits face à des informations souvent contradictoires. Enfin parce que le climat émotionnel, amplifié par les médias, brouille une vision raisonnée de la situation.

Une chose est en tout cas certaine : la normalité telle que nous l’avons connue est derrière nous. Le monde actuel est face à des changements de très grande ampleur dont nous ne voyons encore que les prémices. Les défis climatiques, économiques, financiers, technologiques, politiques étaient déjà présents début 2020. Néanmoins, rien n’avait véritablement été mis en place pour y répondre. Une inertie qui, selon les avis des experts, nous conduisait droit dans le mur. Le coronavirus est alors arrivé. Ce fut le détonateur pour forcer le basculement indispensable attendu depuis des années par les hommes et les femmes les plus conscients de la réalité planétaire.

Le coronavirus, c’est ce fameux “cygne noir” de Nassim Nicholas Taleb. Il est devenu cygne noir non pas parce qu’il menaçait la survie de l’humanité (il a causé la mort de moins de 0,0008 % de la population mondiale) mais parce qu’il est apparu à un moment où le système capitaliste actuel était à l’agonie.

Il est devenu le battement d’aile du papillon qui, depuis Wuhan en Chine, a provoqué un tremblement de terre qui s’est étendu partout sur la planète. Et l’étendue des dégâts actuels, visibles et invisibles, et des dégâts futurs est encore inconnue. Nous avançons dans l’incertitude la plus complète.

Lorsque le battement d’aile du papillon peut tout changer.

Pourquoi cet article ?

Anticiper c’est prévoir et donc se préparer. Même si c’est exercice peut sembler prématuré, essayons d’anticiper ce qui pourrait l’être. Cet article est constitué de trois parties. Tout d’abord, je fais le point sur la situation mondiale avant le coronavirus avec quelques schémas et chiffres à l’appui. Ensuite, j’essaye de dessiner quelques pistes que je vois pour le futur. Enfin, je tenterai de répondre à cette question : comment, individuellement et collectivement, pouvons-nous agir et nous préparer aux changements à venir ?

Le monde avant le coronavirus

Lorsque nous regardons le monde sous différents angles, nous pouvons observer des déséquilibres qui existaient déjà avant 2020.

Au niveau démographique d’abord

Evolution de la population mondiale depuis l’an 1000

Dans ce schéma, à partir du début du 19ème siècle, nous observons une croissance de la démographie inédite dans l’histoire humaine. Nous pouvons l’expliquer entre autre par le démarrage et la montée en puissance de l’industrialisation. Aujourd’hui (2020), la population mondiale est évaluée à plus de 7,7 milliards. Au rythme actuel, elle pourrait atteindre 10 milliards en 2050.

Nous assistons à un double mouvement : une baisse de la démographie dans les pays riches et une hausse très importante dans les pays pauvres. Cette hausse dans les pays pauvres peut s’expliquer d’une part par l’absence de politique contraceptive et aussi par le fait que les enfants permettent d’assurer la survie de leur parents. La première cause de l’explosion démographique serait donc la pauvreté.

Rapport d’Oxfam de 2015 : 80 personnes dans le monde sont plus riches que 50% de la population

Ce graphique montre bien l’important déséquilibre existant entre les plus riches et le reste du monde. Il est important de noter que la crise de 2008 et l’afflux sans précédent d’argent utilisé par les pouvoirs publics pour renflouer les banques ont paradoxalement accéléré ce déséquilibre. Les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres.

Une facture trouvée sur une table de restaurant à St Tropez, France.

Tout cet argent public n’a pas aidé l’économie réelle mais l’économie virtuelle (Wall Street, CAC 40, Bel20, …). L’économie réelle est composée des petites et moyennes entreprises qui créent de la richesse et emploient des gens ; c’est le citoyen qui travaille, qui paye ses impôts et qui financent l’entretien des routes. La crise du coronavirus a mis en évidence l’importance de l’économie réelle. Pour manger, il faut des cultivateurs, des transporteurs, des chaînes de distribution. Sans nourriture, l’édifice sociétal s’écroule, c’est une question de survie. Wall Street n’est pas un marché de fruits et légumes mais un marché d’actions qui ne se mangent pas.

Au niveau économique

Nous entrons ici au coeur du système capitaliste. Le capital prête les fonds à des entreprises pour fabriquer des produits de consommation. Cette production permet de faire travailler des personnes et de les rémunérer. Avec l’argent reçu de leur travail, les personnes achètent les produits de consommation. Plus la production augmente, plus le capital augmente ses bénéfices et mieux l’emploi se porte. Nous sommes dans une dynamique de mouvement et donc de croissance, ce qui a permis de faire sortir de la pauvreté une partie importante de la population mondiale.

Pour garantir cette croissance, il a fallu mettre en place différents mécanismes.

Tout d’abord l’obsolescence programmée : il s’agit de « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement » (wikipedia).

Imaginons que j’achète des sandales. Celles-ci sont si solides, si bien faites qu’elles durent au moins dix ans. Cela signifie que je n’ai nul besoin d’acheter de nouvelles sandales avant dix ans. Conséquences : la production de sandales stagne, les besoins en main d’oeuvre n’évoluent pas, le capital n’engrange plus de bénéfices. L’entreprise va donc fabriquer des sandales qui s’usent plus vite. Ce qui est vrai pour les sandales est vrai pour les vêtements, les machines, les voitures, … Je me rappelle de mon père qui vantait les chemises très solides fabriquées dans les années 50 (et qui ont disparu). Les voitures mercedes bien entretenues pouvaient rouler jusqu’à 1 million de kms.

Voici l’exemple d’une lampe plus que centenaire.

Cette ampoule brille depuis l’époque de Thomas Edison lui-même, dans une caserne de pompiers en Californie depuis 1901. Depuis son installation, elle n’a été éteinte que pendant une semaine en tout. Une caméra retransmet en direct sur Internet les images de cette ampoule, pour prouver qu’elle est toujours allumée, même si personne ne sait comment son filament continue de briller.

Il y a plusieurs années, des actions en justice ont été lancées pour dénoncer cette obsolescence programmée par les fabricants d’imprimantes.

Un autre moyen d’assurer la production est la création de nouveaux besoins. Il s’agit de persuader les gens qu’ils seront plus heureux s’ils consomment tel produit. La publicité, les films, les medias en général agissent donc sur la psychologie humaine, souvent de manière très subtile. Des vedettes de télévision, du sport, de la chanson, … sont payées grassement pour promouvoir tel ou tel produit. Les mécanismes de persuasion sont basés sur des études très avancées de la psychologie humaine. Par exemple, connecter avec le besoin de reconnaissance dans un groupe. Les adolescents sont très influencés par le besoin d’appartenance. Posséder le dernier iphone comme les copains devient un signe d’appartenance au groupe.

Et maintenant ?

Le capitalisme arrive maintenant au bout de sa logique. Conçu pour accroître la qualité de vie, il menace maintenant la vie elle-même. Il épuise à la fois les ressources naturelles de la planète (il prend plus que ce qu’il donne) et il crée un sur-stress dans la population (burn-out, dépression, cancers, …). En résumé, il est devenu le véritable virus qui pousse l’humanité à la destruction.

Voyons les chiffres :

A partir des années 70, l’empreinte écologique de l’homme surpasse les capacités de la terre. En clair, l’homme prend plus que ce que la terre est capable de donner. D’où un déséquilibre qui va en s’accélérant.

Dans un article paru dans le Nouvel Economiste, Jeremy Rifkin soulignait que l’espèce humaine était une des espèces les plus récentes sur la planète. Les habitants présents sur terre ne représentent que 0,5% de la biomasse, mais ils consomment 31% de la production nette de photosynthèse, ce qui signifie que nous favorisons la disparition d’autres espèces. Ce n’est pas soutenable, d’autant plus que nous sommes nous aussi menacés.

D’où le réveil de jeunes, comme Greta Thunberg, qui tirent la sonnette d’alarme. La jeune génération prend conscience qu’elle va hériter de cette planète et de son passif.

Comment en est-on arrivé là ?

Conçu comme un moteur d’évolution, le capitalisme est devenu l’otage d’une élite financière mue par des intérêts égoïstes. “Le capitalisme crève car il ne partage pas” disait l’Abbé Pierre. On observe un décalage croissant entre une économie virtuelle déconnectée de la vie réelle (marché des actions, hedge funds, …) et une économie réelle qui fonctionne avec les petites mains (cultiver, entretenir les routes, ….). L’écart entre riches et pauvres n’a cessé de s’accroître, surtout après la crise financière de 2008.

Il n’est pas question ici de pointer les coupables et les victimes mais de reconnaître notre responsabilité collective dans ce processus. La solution n’appartient pas à quelques-uns. Elle ne peut être que collective ou ne sera pas. Peut-être le basculement interviendra-t-il lorsqu’un pourcentage suffisant de la population changera ses priorités de vie (théorie du 100ème singe). Le basculement pourrait aussi intervenir juste par ce que nous avons atteint une limite. Au-delà de cette limite, continuer sans rien changer s’apparentrait à un véritable suicide collectif.

Au niveau financier

Avant la crise, les banques centrales ont injecté des milliers de milliards pour maintenir le système à flot. Il faut être aveugle pour voir que le malade, en état de mort imminente, ne vit encore que sous perfusion financière. Des experts indépendants comme Charles Gave (Institut des libertés) ou Charles Sannat (Insolentiae) partagent régulièrement des vidéos et des articles sur la situation. L’afflux massif d’argent gratuit pour maintenir un système agonisant aboutira certainement à une crise financière majeure dans les années à venir.

Voici une vidéo de Charles Gave.

Le cycle naissance, vie, mort, renaissance

La nature suit un cycle toujours identique à l’image des saisons : la nature naît au printemps, elle vit pleinement durant l’été, elle meurt (hiberne) en hiver et puis le printemps revient. Le corps humain suit un cycle similaire. Idem pour l’histoire. Naissance de Rome, montée en puissance jusqu’à constituer un empire, décadence, écroulement puis reconstruction d’un autre monde sur ses ruines.

Ce qui diffère actuellement par rapport à l'”avant”, c’est la rapidité du cycle. Les changements anciens se dessinaient sur plusieurs générations. Aujourd’hui, un changement majeur pourrait se dérouler sur la durée d’une vie humaine. Ceci parce que nous sommes dans une période de l’histoire humaine où la circulation des informations et des échanges s’est accéléré de manière exponentielle avec les nouvelles technologies. Nous vivons une accélération du temps qu’il nous faut gérer et c’est sans doute le point le plus délicat. Même les ordinateurs arrivent à une étape de passage entre le Bit et le Qbit (ordinateur quantique).

Essayons d’esquisser quelques scénarios possible sur le moyen terme (2020-2025) et faisons le pari, que, après le chaos, l’humanité transitera vers un monde 2.0 plus paisible, plus égalitaire, plus harmonieux.

Le monde après le coronavirus

Nous connaissons le monde que nous quittons mais nous ignorons où nous allons. Un peu à l’image de Christophe Colomb qui partit en exploration sans savoir vraiment ce qu’il allait découvrir (le “nouveau monde”). Pour anticiper le futur, aucun modèle n’existe pour nous inspirer. Aucune théorie existante ne nous permet de dire avec précision où nous serons dans 10 ans. Nous faisons face à l’incertitude et donc à une multitude de choix.

Si l’humanité rentre effectivement dans un nouvel espace “quantique”, nous pourrions décrire la situation en ces termes : nous allons faire face à un ensemble de possibles (potentialités). Nous approchons d’un “point zéro” (peut-être le point chaos maximal) où des choix importants devront être faits. Ces choix créeront une nouvelle réalité “alpha” où la loi de cause à effet s’enclenchera. Ces choix ne viendront pas de l’extérieur (bye bye les sauveurs extraterrestres) mais de la population humaine elle-même.

A quel niveau mettons-nous les choix à faire ? Le niveau le plus haut se situe certainement au niveau des valeurs. Si les choix sont basés sur l’égoïsme, la division et le déni des réalités, ils créeront des effets d’égoïsme, de division et de déni. Si ces choix sont basés sur des valeurs d’altruisme, de solidarité, de responsabilité, la probabilité d’un monde paisible et harmonieux augmentera significativement. Il se peut aussi que l’humanité se divise entre deux potentialités différentes. Chacun devra alors se positionner par rapport à l’une ou l’autre potentialité. A ce sujet, il est intéressant de constater à quel point la crise du coronavirus a polarisé la population en deux camps : masque / anti-masque, vaccin / anti vaccin, 5 G / anti-5G, …

Le refus du changement

Dans ce mouvement du monde vers l’avant, il existe un obstacle formidable : le refus du changement. Certains trouvaient leurs intérêts dans le monde d’avant 2020. Leurs efforts se porteront sur un retour à la “normalité” (le monde qu’ils connaissaient). D’autres souhaiteront aussi le “retour au monde d’avant” par crainte de l’inconnu. L’humain préfère souvent une souffrance connue qu’un bonheur inconnu. L’incertain est source de stress et d’inquiétude. Néanmoins, il faudra accepter qu’un retour en arrière n’est pas possible. Refuser cette évidence deviendra une source de souffrance.

Tout changement se heurte aussi à des croyances bien établies. On l’a vu avec Galilée qui fut condamné parce qu’il avait osé dire que la terre tournait autour du soleil et pas l’inverse. Les “Galilées” sont légions dans l’histoire humaine, y compris à l’heure actuelle (on les traite trop facilement de “complotistes”). Dans ce nouveau chapitre de l’humanité, certains vont se baser sur de vieilles théories, de vieux dogmes, de vieilles recettes pour proposer des solutions. Or les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le procès de Galilée

Le changement de l’économie mondiale est aussi freiné par des obstacles juridiques puissants : la propriété intellectuelle. Les grandes firmes achètent ou déposent des brevets et ne les utilisent pas, le plus souvent pour conserver un monopole. La connaissance ne circule pas et cela bloque l’émergence de nouvelles solutions écologiques, énergétiques ou sanitaires. Imaginons qu’un ingénieur invente une voiture à eau. Cette invention est une menace pour les producteurs de pétrole et toute la chaine industrielle qui en dépend. Les lobbies pétroliers rachèteront ces inventions à prix d’or ou trouveront des moyens alternatifs pour faire barrage.

Le changement forcé

Si nous avions une marge de choix face au changement ou au non changement, il semble que la crise du coronavirus n’en laisse maintenant plus aucune. Comme l’a déclaré l’ancien premier ministre français Edouard Philippe au début du confinement :

La crise va provoquer un effet domino auquel il faut se préparer. Les changements ne vont plus porter sur la façade de la maison, ils vont porter sur sa structure même.

La solution aux problèmes de l’humanité ne peut plus être de reboucher les trous de la voirie (solution conjoncturelle) comme nous l’avons fait depuis une décennie. Il s’agit de changer complètement la voirie (solution structurelle). Et il semble que nous en prenions le chemin, non par choix mais par obligation.

Evolution de l’emploi dans les années à venir

L’emploi est certainement le domaine qui va être le plus impacté par les changements structurels majeurs qui s’annoncent.

Licenciements massifs suite à des faillites en série : avant la crise sanitaire, de nombreuses entreprises ne survivaient déjà que sous perfusion financière. Ces entreprises seront les premières à fermer. Voici un article de boursorama du 20 août 2020 qui donne un aperçu de la situation actuelle.

De très grosses entreprises comme AIRBUS par exemple vont devoir réduire leurs activités, ce qui aura un impact direct sur un très grand nombre de petites sociétés fournisseurs (effets collatéraux).

Ecroulement de l’emploi dans les secteurs qui peuvent être robotisés : ce phénomène était déjà perceptible, par exemple les caissières des grands magasins qui sont progressivement remplacées par des machines. Bientôt, les caissières ne seront même plus nécessaires, à l’image de ce magasin :

La crise va certainement être l’occasion pour un grand nombre d’entreprise de service de digitaliser tout ce qui peut l’être.

La révolution robotique va s’accélérer en touchant des secteurs jusqu’ici épargnés :

D’autres métiers seront touchés par le tsunami technologique :

  1. Le métier de médecin va changer assez rapidement. Le médecin deviendra de plus en plus un médiateur entre la machine et l’humain, la machine posant des diagnostics avec une marge d’erreur beaucoup plus faible.
  2. Les traducteurs seront au chômage d’ici moins de dix ans. Il suffit déjà de constater l’efficacité du traducteur en ligne gratuit deepl.
  3. Les décisions importantes en entreprise seront prises davantage par des machines que par des décideurs humains.
  4. Révolution dans le secteur du transport avec la généralisation de la conduite autonome. Et progressivement, la voiture, le bus, le camion, le train, l’avion, … sans conducteurs.

Dans son livre, “la fin du travail“, Jeremy Rifkin avait déjà anticipé l’impact de la révolution technologique sur les emplois. Le revenu universel, déjà testé dans des pays comme la Finlande, devrait un jour remplacer ce qu’on appelait “le chômage à durée indéterminée”.

Accélération du télétravail : ce phénomène existait déjà mais va aller en s’amplifiant. On parle maintenant de travail “hybride” mêlant présentiel et virtuel. Ceci aura un impact majeur sur la gestion de l’espace et du temps dans les organisations mais aussi sur le recrutement (le choix sera plus vaste). La relation vie privée / vie professionnelle devra être redéfinie. La vie familiale devra se réorganiser autour d’une nouvelle réalité.

Effets collatéraux de l’amplification du télétravail : fermeture de restaurants à proximité des lieux de travail habituels, déménagement de télétravailleurs hors des villes, utilisation moindre de la voiture et de l’avion, …

Quels sont les nouveaux emplois qui vont être créés ?

Nous ne pouvons encore définir les emplois qui émergeront dans un futur proche et c’est bien le problème … Les écoles continuent à former les élèves à des compétences qui deviendront obsolètes d’ici 10 ans … D’où la nécessité de former à des compétences qui dureront dans le temps (soft skills).

L’emploi salarié passera certainement en second plan par rapport à l’emploi indépendant. La tension entre les deux modèles est actuellement visible (bataille juridique acharnée dans plusieurs pays concernant le statut des chauffeurs Uber). Le statut juridique du professionnel devra en tout cas évoluer pour correspondre au nouveau modèle de société basé sur la connaissance (voir infra). Il se peut qu’un nouveau statut professionnel se dessine, hybride entre l’emploi salarié et l’emploi indépendant, incluant peut-être un revenu universel de base.

Trop de travail ou pas assez …

Actuellement, on assiste à une polarisation dans la société : certains ont trop de travail (allant jusqu’au burnout) et d’autres pas assez ou pas du tout (chômage de longue durée avec sentiment d’inutilité) …

Examinons les deux volets de cette polarisation.

Le trop de travail est lié à la diminution des effectifs pour des raisons budgétaires mais aussi par l’accélération de la digitalisation. Nous sommes dans une période d’ajustement dans la relation entre l’homme et la machine. C’est pourquoi la place des technologies dans le monde du travail devra être clairement redéfinie. Idéalement, la technologie devrait avoir pour fonction de libérer l’homme des tâches ingrates et difficiles. Cela lui donnerait ainsi plus de temps pour créer, se détendre, prendre soin de ses proches, … Or, on constate qu’il y a de plus en plus de stress dans le monde du travail … La technologie, au contraire de l’humain, n’a pas besoin de vacances et ne tombe pas malade … Un déséquilibre qu’il faudra gérer rapidement dans les organisations. A défaut, le prix à payer en terme de maladies physiques et psychiques sera considérable.

Le chômage d’aujourd’hui est lié essentiellement à la digitalisation accélérée et à la disparition de métiers qui généraient beaucoup d’emploi (remplacement par des machines). La gestion du temps libre deviendra un point de plus en plus important dans le futur. Jeremy Rifkin avait mis en garde sur les aspects psychologiques de ce changement dans nos vies : « Le remplacement généralisé du labeur humain par celui des machines laisse la masse des travailleurs privée d’identité, sans plus aucune fonction sociétale. » ( p. 313 de son livre “la fin du travail“). Quand Adam et Eve ont dû quitter le paradis terrestre, Dieu a dit à Adam : “tu travailleras à la sueur de ton front”. Ce message est profondément ancré dans la psyché humaine. Sans leur travail, beaucoup ne trouvent plus de sens à leur vie tant ils y sont identifiés.

Cela ne signifie pas que le travail disparaitra mais qu’il occupera une place fondamentalement différente dans nos vies. Le “travail” tel qu’il est vu aujourd’hui pourrait devenir progressivement un temps au service du collectif. Nous pourrions idéalement arriver à un stade où les bénéfices de la technologie seront répartis équitablement au sein de la société humaine et où chacun oeuvrera selon ses désirs et aspirations. L’homme, par nature, n’est jamais inactif. Dans une liberté respectueuse de son environnement, il pourra vraiment déployer sa créativité. Le revenu universel pourrait aider en ce sens en sécurisant les besoins vitaux (nourriture et toit).

Une nouvelle société fondée sur la connaissance

Jeremy Rifkin parle de troisème révolution industrielle. La société transite vers un monde de la connaissance. La technologie assurera la production des marchandises et des services et l’humain pourra se concentrer sur la connaissance. A l’heure actuelle, c’est sur internet que se construit cette société de la connaissance. L’accumulation des informations et sa vitesse de circulation est exponentielle. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une véritable guerre invisible se joue actuellement pour le contrôle d’internet.

Les effets collatéraux d’un monde basé sur l’information

La protection des données personnelles est une question d’actualité. Elle le sera encore davantage à l’avenir. La protection des droits de l’homme sera mise en avant comme barrage aux abus possibles du contrôle des données personnelles. Qui utilise(ra) ces données et à quelle(s) fin(s) ?

Dans les réseaux sociaux, beaucoup redoutent une restriction de nos libertés sur le long terme au nom de la protection sanitaire de la population. Après les attentats du 11 septembre 2001, des lois d’exception ont été adoptées en lien avec la lutte contre le terrorisme. Ces lois sont toujours d’actualité, 15 ans plus tard. L’état d’exception est devenu la normalité, avec tout ce que cela implique sur le contrôle de nos données personnelles. Comme l’a dit Yuval Noah Harari dans un interview au Financial Times le 20 mars 2020 :

De nombreuses mesures d’urgence à court terme vont devenir un incontournable. Telle est la nature des urgences. Elles accélèrent les processus historiques. Des décisions qui, en temps normal, pourraient prendre des années de délibération, sont prises en quelques heures. Des technologies immatures et même dangereuses sont mises en service sous pression, car les risques de ne rien faire sont plus grands. Des pays entiers servent de cobayes dans des expériences sociales à grande échelle. (…) En temps normal, les gouvernements, les entreprises et les conseils d’administration des établissements d’enseignement n’accepteraient jamais de mener de telles expériences. (…) Les mesures prises dans l’urgence ont la mauvaise habitude de rester en place même après l’urgence, d’autant qu’il y a toujours de nouvelles menaces (traduit avec DeepL).

Examinons d’autres scénarios possibles pour le futur

La démondialisation engagée par le Président américain Donal Trump avant la crise va aller en s’accélérant. La crise financière et économique va certainement entrainer un “repli sur soi” des états. On a déjà perçu clairement ce phénomène du repli sur soi en mars 2020 lorsque les états européens ont fermé unilatéralement leurs frontières sans concertation avec leurs voisins.

La crise sanitaire a provoqué une prise de conscience sur la dépendance occidentale aux produits asiatiques, surtout chinois (fiasco occidental des masques). Cela impliquera certainement le rapatriement de nombreuses firmes stratégiques en occident. Malheureusement, l’impact positif en terme d’emploi sera limité avec la robotisation.

Le frein brutal du tourisme va plonger dans la pauvreté de nombreux pays dépendants de ce secteur. Pensons à ces millions de personnes qui vivaient de petits services rendus aux touristes (taxis, tchouk-tchouks, ….).

Risquons-nous à des pronostics dans d’autres domaines :

  1. Un nombre très important de faillites poussent les états encore plus loin dans l’endettement (aide aux entreprises et baisse des recettes fiscales). La génération future sera-t-elle liée à vie au remboursement de cette dette ? Certains parlent d’un grand “reset“, sans savoir exactement ce qu’il impliquera ….
  2. Brexit sans accord global. Uniquement des accords bilatéraux sur certains secteurs vitaux. Londres voudra devenir un nouveau paradis fiscal et siphonner les capitaux européens. La réaction du continent risque d’être vive. Ambience, ambience …
  3. Explosion du cours de l’or vu l’instabilité des monnaies et l’incertitude économique. Si l’or monte trop haut, il se peut que des états suspendent la convertibilité de l’or dans leur monnaie.
  4. Le pic pétrole est dépassé, décision de quitter l’énergie carbonée; l’émergence d’énergies alternatives se prépare en coulisse.
  5. Emergence de nouveaux traitements dans le secteur médical notamment pour le cancer et d’autres maladies incurables jusqu’à présent. Développement des robots chirurgiens.
  6. Profonde modification du monde de l’enseignement qui se montre de plus en plus inadapté à répondre aux besoins futurs de la société. Il se peut que des collectifs de parents enseignants se mettent en place dans la transition.
  7. Création de communautés locales comme elles existent déjà sur les réseaux sociaux. Des personnes avec des intérêts et valeurs communes se regroupent pour développer de nouvelles manières de vivre, en marge des grandes villes et de leur fonctionnement marchand.
  8. L’état n’aura plus les moyens financiers (et sans doute les compétences) pour gérer les problèmes locaux. Des collectifs citoyens devront se mettre en place pour faire ce que l’état ne fera plus. Pour ceux qui feront ce choix, cela pourrait donner un nouveau sens de vie dans une société en chômage massif.
  9. L’union européenne en tant que telle n’est plus viable économiquement (trop de déséquilibres entre les économies du nord et du sud). Certains pays quitteront l’union européenne. Une nouvelle configuration avec de nouveaux objectifs plus ambitieux se mettra en place (certainement sous la direction de l’Allemagne).
  10. Les changements climatiques devraient aller en s’amplifiant. Il sera certainement démontré un jour que ces changements ne sont pas dûs principalement aux actions humaines mais à des phénomènes terrestres cycliques de grande ampleur. Il en résultera une immigration climatique qui dépassera de très loin l’immigration économique actuelle. Cela aboutira à un grand mélange des populations.
  11. L’axe Russie-Chine attend son heure pour proposer (imposer) une alternative au dollar dans les échanges internationaux.
  12. Dans la transition, le retour au local (à la décision locale) s’avèrera essentielle pour assurer les besoins vitaux de la population. L’état, l’identité nationale telle qu’on l’entend actuellement, disparaîtra au profit d’une nouvelle configuration basée sur des communautés d’intérêts.
  13. Développement de l’économie circulaire avec 0 déchet.

Le transhumanisme est aussi une question délicate sur laquelle chacun devra se positionner dans l’avenir. Il s’agit d’un courant de pensée selon lequel les capacités physiques et intellectuelles de l’être humain pourraient être accrues grâce au progrès scientifique et technique (cf. Être humain augmenté). Le film de 1997 “bienvenue à Gattaca” illustre bien le sujet.

L’émergence du nouveau (la révolution d’en bas)

Certaines initiatives novatrices existent déjà mais n’ont pas vraiment été mises en lumière par les médias. Celles-ci devraient progressivement devenir plus visibles vu le besoin de trouver de nouveaux modèles. Voir à ce sujet le film “Demain“.

Un exemple récent d’initiative citoyenne en Allemagne : une commission d’enquête citoyenne sur la crise sanitaire a été mise en place pour pallier l’immobilisme de l’état.

Individuellement, comment se préparer à la période qui vient ?

Garder l’équilibre dans la tempête

La crise du coronavirus a été comme un tsunami qui a submergé l’humanité entière. Toutefois, la vague ne s’est pas encore totalement retirée et nous ne pouvons encore évaluer l’étendue des dégâts. L’effet domino sur l’économie, l’emploi, les finances, la psychologie humaine n’est pas encore visible. Nous ne sommes qu’à l’aube de très grands bouleversements qui nous affecteront tous dans notre réalité individuelle et collective. Il s’agira dès lors de gérer adéquatement ses émotions, de trouver des espaces de paix et de ressourcement dans son quotidien, de demander de l’aide si besoin. (voir le power point de ma conférence “Rester calme dans un monde en changement“).

J’observe beaucoup d’émotions autour de moi, surtout la tristesse ou la colère. Indépendamment des facteurs individuels, quel sens donner à ces émotions qui touchent une bonne partie du collectif humain ? La courbe du changement de Kubler Ross permet de mieux comprendre ce phénomène. Lorsque l’on quitte un territoire connu pour aller vers un territoire inconnu, il y a un sentiment de perte, même si ce territoire connu n’était pas satisfaisant. Il y a un deuil à faire. Or, c’est en laissant partir l’ancien, en accueillant l’émotion qui l’accompagne, que l’on peut vraiment aller vers le nouveau. La mort (réel ou symbolique) étant encore un tabou dans notre société moderne, ce cycle est encore mal compris.

Source

Donner un nouveau sens à sa vie

Les repères extérieurs habituels disparaissant, beaucoup de personnes vont se retrouver perdues. Pierre Rabhi parle de “crise initiatique” à un niveau individuel et collectif. Ceux qui feront le choix du changement tourneront leur regard à l’intérieur pour trouver des réponses qui ne seront plus accessibles à l’extérieur (“si tu ne peux aller à l’extérieur, va à l’intérieur”). On assistera probablement à l’émergence d’une nouvelle spiritualité plus respectueuse de la nature et des humains. Cette quête du renouveau est déjà perceptible parmi la jeune génération.

Le concept de résilience n’a sans doute jamais été autant d’actualité qu’à l’heure actuelle.

Certaines lectures peuvent nourrir cette quête, comme par exemple “Le pouvoir du moment présent” d’Eckart Tollé (traduits en plusieurs langues). Je publierai un article reprenant quelques ouvrages utiles pour les personnes en recherche.

Veillez sur sa santé, surtout émotionnelle

La peur est certainement l’émotion la plus répandue à l’heure actuelle. Les médias nous bombardent avec des informations anxiogènes en continu et attisent ce type d’émotion.

La peur existe initialement pour nous protéger d’un danger concret et immédiat. Par contre, lorsque la peur se déconnecte de la réalité, des faits, elle se mentalisme. Elle nous fait imaginer le pire. Elle nous pousse à amplifier le danger et à adopter des comportements qui ne sont pas proportionnels aux risques réels. Voir à ce sujet la vidéo d’Isabelle Padovani.

Les experts connaissent maintenant mieux la nature du fameux virus et savent comment traiter les personnes malades (2 morts en Belgique le 7 août 2020 liées au coronavirus au moment d’écrire ces lignes). Des experts scientifiques disent aussi que le virus a muté et n’est plus aussi dangereux. Il ne s’agit pas de sous-estimer les risques mais de les évaluer avec la réalité des faits que l’on peut trouver soi-même sur internet.

En ce qui concerne la santé physique, des sites alternatifs mettent en évidence l’importance de notre système immunitaire pour faire face aux maladies. Le système immunitaire humain s’est développé durant des temps immémoriaux pour résister à de nombreux virus, bactéries et microbes divers. Mettre en avant uniquement un remède extérieur comme protection en faisant abstraction de l’oeuvre de la nature durant des centaines de milliers d’années laisse dubitatif. Il y a une arrogance à dénoncer. Le renforcement du système immunitaire se fait par une bonne alimentation, une bonne hygiène de vie, un sommeil réparateur, … Pasteur, pionnier de la microbiologie et inventeur de plusieurs vaccins, n’a-t-il pas dit à la fin de sa vie “le microbe n’est rien. Le terrain est tout” ?

Développer son autonomie

L’époque actuelle sonne sans aucun le glas d’une société patriarcale où “Papa” (l’état) avait l’habitude de tout prendre en charge (moyennant des contreparties parfois élevées). Nous sommes arrivés à un point où “Papa” n’a plus ni les moyens financiers ni les compétences pour guider les populations vers un changement de paradigme. Les mois ou les années qui viennent confirmeront sans aucun doute cette réalité.

Il s’agit donc de développer une nouvelle autonomie où chacun se prend véritablement en charge dans la mesure de ses capacités. Devenir autonome c’est éviter l’endettement, c’est prendre l’initiative de développer de nouvelles compétences, c’est suivre une bonne hygiène de vie pour éviter de tomber malade, c’est cultiver son propre jardin quand c’est possible, c’est apprendre à discriminer les informations reçues en faisant ses propres recherches, … C’est aussi passer de la posture de victime au rôle d’acteur.

En Belgique, les chiffres montrent que le statut d’indépendant a de plus en plus de succès. Beaucoup auront aussi deux ou plusieurs emplois, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis.

Oser être plus créatif

La créativité peut s’exercer de plusieurs manières suivant la personnalité et les domaines d’excellence de chacun. Que puis-je créer qui rende ce monde plus beau et plus agréable à vivre ? Que puis-je créer qui me donne du plaisir et de la joie ? Si un nouveau monde est à construire, il aura besoin d’hommes et de femmes capables de sortir des sentiers battus pour développer de nouvelles idées (thinking outside the box). Dans son ouvrage “L’homme aux deux cerveaux“, Daniel Pink avait mis en évidence que les professionnels qui réussiront à l’avenir seront ceux qui pourront à la fois manier leur cerveau gauche (rationnel) et leur cerveau droit (intuitif/créatif).

Développer la flexibilité face aux changements

Dans un monde en pleine mutation, la compétence d’adaptation face aux changements devient essentielle. Etre capable de suivre le fil de la rivière, même si celle-ci change de manière imprévue. Lâcher ce qui ne convient plus et oser entrer dans le nouveau avec courage et confiance.

Se réinventer en permanence

Voici l’extrait d’un article du journal l’Echo du 26 août 2020 : “Comme l’écrit Yuval Noah Harari dans “21 leçons pour le XXIe siècle”, une grande partie de ce que les enfants apprennent aujourd’hui à l’école ne leur sera plus d’aucune utilité sur le marché du travail en 2050. Il est donc nécessaire, afin de conserver toute sa pertinence sur le plan économique, mais surtout social, de continuer à apprendre tout au long de sa vie et de se réinventer en permanence. Il sera plus important de se connaître soi-même et de pouvoir bâtir des relations saines et durables que d’apprendre par exemple à dessiner un relief ou à énumérer les moments clés de l’Empire mésopotamien. 

Un enseignement à révolutionner

Les écoles devront s’adapter rapidement à une nouvelle réalité en développant non plus une seule intelligence (avec comme point de référence le “QI“) mais plusieurs intelligences (intelligences de Gardner). On assiste d’ailleurs à de nombreux décrochages scolaires, non pas parce que les enfants et adolescents ne sont pas intelligents mais parce que la trop grande majorité des écoles font preuve d’une étroitesse d’esprit et de vision. Il y a encore beaucoup à faire et rapidement … Une révolution de l’intérieur, menée par les plus visionnaires, pourrait accélérer le changement.

Les valeurs à développer pour construire un nouveau monde plus harmonieux

Au niveau individuel

Dans la transition et au-delà : l’espérance, le courage, la persévérance, la solidarité, la prise en main de sa propre vie, la flexibilité face au changement. Sortir de sa bulle et rester connecté(e) aux réalités du monde.

Les compétences liées à l’intelligence émotionnelle occuperont une place importante dans un monde de plus en plus technologique. Il existe un processus pédagogique qui vise à développer la relation à soi et aux autres : l’apprentissage socio-émotionnel (ASE). Il couvre cinq domaines : conscience de soi, motivation, empathie, compétences relationnelles et contrôle émotionnel, à savoir la capacité de s’atteler à un objectif sur le long terme. (Journal L’Echo).

Au niveau des organisations

  1. Clarté des valeurs défendues
  2. Je fais ce que je dis et je dis ce que je fais (alignement)
  3. Inclusion du processus démocratique dans les équipes (management horizontal)
  4. Oeuvrer en incluant non seulement ses intérêts propres mais aussi les intérêts extérieurs (écologique et humain)
  5. Equilibre du masculin (action) et du féminin (écoute, intuition)
  6. Assurer la juste rétribution des créateurs de la richesse
  7. Gérer efficacement la diversité
  8. La technologie pour servir l’humain et non pas pour l’asservir …

En conclusion

Ces valeurs ne répondent-elles pas en fait à ce qui est le plus précieux dans l’être humain ? N’est-ce pas ces valeurs qui peuvent nous guider vers ce à quoi nous aspirons tous ? La paix, l’harmonie, la prospérité.

Le mot spiritualité est souvent confondu avec religieux.

Le religieux s’appuie sur l’extérieur (un dogme, une personne). Le spirituel s’appuie sur l’intérieur.

Et si le spirituel était cette clé qui nous permet d’avancer avec courage, à garder espoir et à nous dépasser ?

Et si la véritable solution à toutes ces crises était en fait en nous et non pas à l’extérieur de nous ?

Une vision platonicienne du confinement

Quand nous regardons les médias et les réseaux sociaux, nous observons des visions très différentes sur le confinement. Choisissons-en deux : l’une microscopique (vision restreinte) l’autre macroscopique (vision élargie).

Dans la vision micro, je suis obligé légalement de ne pas sortir pour des raisons sanitaires. Cela implique de vivre cette situation au niveau mental (avec des moments dépressifs), au niveau émotionnel (peur d’être malade, peur de mourir) et au niveau physique (je dois rester dans mon appartement). Cette situation amène toute une série de conséquences dans ma vie quotidienne. L’être humain s’adapte comme il peut, chacun différemment en fonction de sa personnalité, de son histoire de vie, de sa situation familiale et affective)

Dans la vision macro, je regarde les choses de beaucoup, beaucoup plus haut. La fusée décolle, traverse la stratosphère.  La terre commence à apparaître comme une planète au milieu d’autres planètes et si on s’éloigne encore, cette terre n’est plus qu’un grain de sable dans l’immensité cosmique.

Considérons le confinement (enfermement) à un niveau beaucoup plus vaste en s’arrêtant à la vision globale de la terre.

Considérons la période coronavirus comme une période limitée dans une vaste histoire humaine. On s’aperçoit que l’être humain vit en fait confiné depuis plusieurs milliers d’année. L’être humain est ambigu : à la fois il aspire à la liberté et à la fois il s’est toujours débrouillé pour restreindre cette liberté (le plus souvent par peur de lui-même .). Il y a toujours eu un pouvoir étatique ou un pouvoir religieux pour lui dire ce qui était bon pour lui et ce qui ne l’était pas. Le collectif humain a créé  ces balises ainsi que la carotte et le bâton pour les faire respecter. Les rebelles ont surtout eu droit au bâton mais ils ont goûté à la liberté.  Les suiveurs ont mangé la carotte mais ils ont pris du poids … La balise religieuse a sans aucun doute été celle qui a eu le plus d’impact au niveau collectif. 

L’allégorie de la caverne de Platon offre une très intéressante vision macro. Dans cette image, on voit un homme enfermé dans une caverne. Lorsqu’on lui propose de sortir de la caverne et d’aller à l’air libre, il prend peur et préfère les chaînes à ce monde qui lui est inconnu à l’extérieur. 

Si l’on revient au coronavirus et à la vision macro, l’homme a une chance de découvrir que le confinement lui rappelle en fait son propre enfermement intérieur. Le confinement devient la symbolique d’un enfermement intérieur que l’humain vit depuis des temps immémoriaux. 

Je souris maintenant aux adeptes de la théorie du complot (dont je peux reconnaître parfois une certaine attirance), qui met en garde contre l’implantation d’une puce dans le corps de l’homme (avec une vaccination obligatoire de masse) qui pourrait lui faire perdre son libre arbitre. Avec la vision macro, j’y vois la symbolique d’une réalité beaucoup plus subtile. Cette puce existe déjà … au niveau de notre ADN. Depuis qu’il marche sur terre, l’homme s’est adapté à la vie avec la peur. Sa peur racine étant la peur de la mort, liée soit à la maladie soit à des catastrophes naturelles. Il nous appartient maintenant de dépasser cette peut archaïque en nous pour entrer dans la véritable liberté intérieure. Voilà pour moi, l’enjeu de ce qui se passe actuellement à un niveau beaucoup plus subtil. 

Sortir de la caverne où l’humanité s’est enfermée si longtemps fait peur. Il y a, dehors, un monde inconnu décrit par les contes, les prophètes et les mystiques. Et si, comme humain, nous étions maintenant mures pour oser entrer dans ce monde inconnu auquel aspire en fait tout notre Etre ? Prendre son courage à deux mains (il en faut) pour ôter soi-même ses propres chaines et sortir de la caverne (sans doute la peur au ventre), et découvrir en fait que cette peur, profondément ancrée dans l’inconscient collectif humain, n’était qu’une illusion. Au cours de l’histoire humaine, certains ont réussi à se débarrasser de leurs chaines et à sortir de la caverne. Aujourd’hui, toute l’humanité est invitée à sortir de la caverne. Il est maintenant l’heure de choisir.

Grandir dans la tempête

Une image pour comprendre ce que je vais développer : il fait plein jour et vous êtes dans une salle avec un public. Les fenêtres laissent passer généreusement la lumière du jour. Vous allumez une bougie. Le public va-t-il voir la lumière de cette bougie ? Très faiblement me répondrez-vous. Pourquoi ? Parce que la lumière du jour est forte et rend la lumière de cette bougie peu visible. Fermons maintenant les volets de la pièce. Il fait très sombre. J’allume à nouveau cette bougie. Que vont voir les personnes dans la salle ? Clairement, elles verront la lumière de cette bougie. L’obscurité amiante permettra pleinement la visibilité de cette lumière.

Transposons maintenant cette image à notre vie habituelle. Imaginons que le monde extérieur est paisible et harmonieux. Il y aura-t-il un quelconque besoin de travailler sur la paix et l’harmonie ? “Non” me répondrez-vous. Pourquoi ? Une réponse évidente : quelle serait la raison d’aller chercher quelque chose que je vis déjà.

Imaginons maintenant un monde extérieur qui n’est ni paisible ni harmonieux. Deux choix se présenteront à vous : soit vous vous identifiez complètement à l’environnement extérieur. Vous voilà dès lors emporter dans la tempête ; soit vous cherchez en vous-même un espace de paix et d’harmonie que vous ne pouvez trouver à l’extérieur. Dans ce deuxième choix, vous construisez une fondation solide. Cette paix et cette harmonie prennent leur source en vous et ne dépendent plus de l’extérieur.

Trouvons maintenant quelques exemples pratiques. Ces exemples sont faciles à trouver avec cette crise du coronavirus et sans doute la crise économique importante qui s’en suivra.

Premier exemple : le confinement m’oblige à la distanciation, à l’isolement. Cela me met en position du “manque de l’autre”. Réponse résiliente : à l’intérieur, je vais travailler la relation avec moi-même en me posant des questions qui sont vraiment importantes pour moi : quel est le sens de mon travail ? Où en suis-je dans mes relations affectives ? Il y a-t-il des choix de vie différents à faire ? …

Deuxième exemple : une incohérence importante existe dans le monde extérieur. Nous pouvez l’observer actuellement avec ces multitudes d’informations qui nous arrivent et qui disent tout et son contraire. De même pour les règles à respecter pour le confinement qui sont souvent imprécises et même illogiques. Une autre occasion pour tourner notre regard à l’intérieur et chercher la cohérence en soi et non à l’extérieur de soi. Je vais m’interroger sur ma propre cohérence. Par exemple, mes pensées, mes paroles et mes actions sont-elles cohérentes dans ma relation à l’autre ? Suis-je cohérent lorsque je dis quelque chose et que je fais le contraire ? Suis-je cohérent lorsque je pense “non” et que je dis “oui” ?

Nous voici au coeur de ce qu’on appelle la résilience : au lieu de me placer comme victime par rapport à une situation extérieur, je l’utilise pour me construire à l’intérieur, pour grandir, pour évoluer. J’installe alors, petit à petit, des fondations intérieures sur lesquelles je pourrai m’appuyer dans la tempête extérieure.

Lorsque mes fondations intérieures sont solides, alors je peux vraiment aider ce monde en montrant l’exemple.

Comprendre et gérer les envies de suicide

Un sujet tabou qu’il est important d’aborder durant cette période délicate. La crise de 1929 avait provoqué une avalanche de suicides dû à l’écroulement financier et économique. Certains avaient tout perdu et ils ne pouvaient trouver une autre issue que la mort pour mettre fin à leurs souffrances.

La crise du coronavirus, avec la vague de faillites qui s’annoncent, présente un risque similaire. L’histoire d’une vie s’écroule. Tous les acquis matériels ou les repères affectifs disparaissent. La personne est seule face à elle-même. Elle se demande comment elle peut encore vivre dans un monde sans avenir pour elle.

Tout être humain traverse, à un moment ou un autre de sa vie, des envies de mort. Par contre, il y a une différence entre “avoir envie de mourir” et “passer à l’acte”.

Se donner la mort ne met pas fin au problème. Pour les lecteurs ayant quelques notions spirituelles, l’excellent livre d’Anne Givaudan “La rupture du contrat – Message des suicidés au monde des vivants” devrait en décourager plus d’un à passer à l’acte.

L’envie de mort est une “crise initiatique” où la personne brûle le masque pour reconnecter à son être véritable. C’est le faux qui est en train de mourir : les croyances sur nous-mêmes, tout ce à quoi nous nous sommes identifiés dans notre vie, le projet parental pour notre vie, le regard des autres, … Anéantir le véhicule physique, c’est manquer la véritable cible et provoquer des dégâts considérables sur son entourage (surtout pour les enfants, même si ceux-ci sont adultes).

Si cette crise initiatique est menée à son terme (et elle le sera si l’on est patient), la personne renaîtra avec un nouveau moi, beaucoup plus vrai, beaucoup plus lumineux, beaucoup plus aimant. Il faut beaucoup de courage pour traverser ce tunnel. Avec courage et foi, la personne découvrira bientôt que le masque est tombé et que c’est ce masque qui justement faisait obstacle à la véritable vie. Lire à ce propos la très belle histoire du chevalier à l’armure rouillée.

Carl Gustav Jung, un disciple de Freud, parlait de “nuit noire de l’âme”. Voici un témoignage à ce sujet. Voici aussi un article très bien fait sur son processus. Eckart Tollé, qui a écrit le best seller “Pouvoir du moment présent” (“power of now” en anglais) était suicidaire. Son expérience initiatique lui a permis de naître à un nouveau “moi” beaucoup plus conforme à qui il était vraiment.

Dans cette période de transition, il est essentiel de demander de l’aide à un thérapeute ou un coach. Ou alors faire partie d’un groupe soutenant (un groupe de parole par exemple). Cette demande d’aide n’est pas un acte de faiblesse mais au contraire un acte de courage où la personne décide de prendre la responsabilité de sa propre transformation.

La crise du coronavirus et son effet domino va provoquer un chaos qui amènera un grand nombre de personnes à l’aube de cette “crise initiatique”. Le choix sera le suivant : est-ce que j’accepte ce chaos pour renaître ou est-ce que je le rejette dans un acte de désespoir sans issue, acte plongeant dans la dépression mes proches qui eux font le choix de rester.

Si vous lisez par hasard cet article et que vous vous sentez concerné, je ne doute pas que l’espoir subsiste et que vous traverserez l’épreuve avec succès.

A l’image de la chrysalide qui devient papillon.

Se préparer à l’après coronavirus

Pour ceux qui en douteraient encore, il est clair que nous avons basculé dans un tout autre paysage. Il y aura un avant et un après le coronavirus. Beaucoup d’experts sont d’accord sur ce point. Nous vivons l’évènement le plus important depuis la 2ème guerre mondiale. Beaucoup d’entre nous ont fait des projets sur base d’un modèle qui est en train de s’effondrer. A titre exemple, voici les secteurs économiques qui sont en train de s’écrouler sous les dettes (en rouge).

On observe que l’alimentaire et la santé sont en croissance de 100% (en blanc). Se nourrir (comme veiller à la santé du corps) est un besoin de base, comme le décrit Maslow dans sa pyramide des besoins.

Pyramide de Maslow – Après Coronavirus

Ceci signifie qu’en période de crise, nous en revenons aux besoins fondamentaux. Nous pouvons en conclure que dans la période qui vient, ce sont ces besoins là qui seront mis au centre et pour lesquels nous devrons être vigilants.

Il y a aussi une prise de conscience à faire par rapport à sa vision du monde. Beaucoup ont vécu dans leur petite bulle confortable, leur confort matériel leur permettant d’être distant par rapport aux drames du monde. Cette vision est dépassée dans la mesure où chacun est maintenant directement impacté par les conséquences du coronavirus et du confinement. Il suffit de prendre pour exemple les voyages touristiques qui ne sont actuellement plus possibles. Et lorsque la réalité de la crise économique apparaîtra au grand jour, nous ne pourrons plus nier la réalité. Ceci pourrait être un choc pour beaucoup : nous ne serons plus dans une téléréalité mais dans LA réalité.

Il est important d’être conscient du carrefour planétaire où nous sommes actuellement. Bien avant le coronavirus, les indicateurs étaient au rouge au niveau économique, financier, climatique, sociétal, … (voir par exemple l’avis économique de Charles Gave bien avant la crise). Il y avait aussi une forte progression de la technologie qui permettait à des experts comme Jeremy Rifkin de parler de “la fin du travail“. Le coronavirus, avec l’électrochoc qu’il provoque, va mettre en lumière tous ces défis que nous refusions jusqu’ici de mettre clairement sur la table. Il est étonnant de voir ces milliers de milliards d’euros qui sont débloqués pour gérer la crise alors qu’il ne pouvaient être trouvés précédemment pour motif d'”endettement”.

Alors, fondamentalement, qu’est-ce qui va changer dans nos vies ? A mon sens, l’élément le plus important à prendre en considération est que nous quittons un monde basé sur le paternalisme. En cas de problème, nous nous tournions vers “Papa Etat” pour le chômage, pour les congés maladie, pour renflouer les banques, … Suite à la crise, et je suis ici dans un avis validé par des experts, les états seront incapables d’assurer comme auparavant. Il s’agit donc de compter sur soi-même d’abord et d’assurer sa propre résiliance. Durant des années, j’ai animé l’atelier “Oser créer son emploi” car j’avais la certitude que l’emploi indépendant serait un jour beaucoup plus important que l’emploi salarié. Maintenant, il est temps de reprendre véritablement son destin en main et de croire en son potentiel.

Concrètement que peut-on faire ?

Au niveau financier d’abord (pour nos besoins de base)

L’argent et l’émotionnel font mauvais ménage. Il faut d’abord sortir de l’émotionnel et analyser très concrètement sa situation financière (entrées-sorties)

  • S’interroger sur le nombre de jours/mois/années que je (ma famille) peux vivre sans rentrées financières
  • Identifier les dépenses essentielles (nourriture et toit) des dépenses accessoires
  • Déterminer les différentes options possibles

Au niveau de sa santé physique

Le corps est notre première maison. S’ils ne fonctionnent plus ou pas bien, comment pouvons-nous encore agir efficacement ? Il s’agit donc de prendre soin de son véhicule physique. Je m’étonne souvent que des personnes soignent mieux leur voiture que leur propre corps …

Au niveau de sa santé émotionnelle

Les émotions sont naturelles et doivent s’exprimer d’une manière ou d’une autre sans nuire à personne : par exemple sport, TRE, bioénergie, taper sur un coussin, couper du bois, … Une fois exprimées de cette manière, il est alors possible de dialoguer avec l’autre. Ceci fait partie de ce qu’on appelle l’intelligence émotionnelle. Les psychologues mettent aussi en garde sur les risques psycho-sociaux post-confinement. Voici un article paru dans le journal Le Soir à ce sujet.

Au niveau de sa santé mentale

Regarder continuellement des émissions anxiogènes nous plonge dans le désarroi et finit par nous emprisonner dans un espace de peur. Préférer des émissions relaxantes ou s’endormir en écouter des playlists de musique 432 HZ.

Un dernier mot sur le spirituel

Sujet souvent tabou. Nous évitons de parler de Dieu, de divin, de sacré … Je me rappelle cette formation où j’avais écrit le mot “Dieu” avec une majuscule sur un flip chart. Une participante m’avait interpellé en me demandant d’écrire “dieu” et non pas “Dieu”… au nom de la laïcité. Dans une société matérialiste, nous ne croyons que ce que nous voyons. Et si le matériel vacille, à quoi pouvons-nous encore nous rattacher sinon à nos fondations intérieures ?

Le spirituel n’est pas le religieux. La base du spirituel est la recherche de sa réalité profonde, ce qui va plus loin que son seul corps physique. La base du religieux est la règle et le dogme. Une crise (intérieure ou extérieure) peut être une opportunité pour démarrer un chemin de développement personnel qui nous conduit, étape par étape, au coeur de notre Etre. Cela implique de traverser, mettre en lumière, toutes les illusions crées par notre éducation, notre formatage culturel, nos traumatismes, … En bref, dépasser le JE pour découvrir le SOI qui est notre réalité éternelle. C’est ce qu’expriment si bien les contes et les mythes qui véhiculent des vérités qui traversent les âges en attendant que notre mental limité puisse les intégrer.

Dans cette période particulière de l’histoire de l’humanité, nous sommes invités à relier la matière (l’énergie) à la conscience (le sacré). L’alliance de ces deux parties en nous (terre et ciel) feront naître cet Homme nouveau et cette Femme nouvelle qui amèneront la paix et l’harmonie sur terre. Utopie ? Je répondrai à la question par cette histoire du colibri de Pierre Rabhi.

Je vous partage trois mots en conclusion : courage, espoir et solidarité.

Coronavirus : Maintenant … et après …

Nous vivons actuellement l’évènement le plus important depuis la deuxième guerre mondiale. Aux dernières nouvelles, plus de trois milliards de personnes sont confinées dans le monde.

Concernant la nature du virus et la stratégie la plus efficace pour stopper l’épidémie, voici le meilleur article scientifique que j’ai lu sur la question.

Quant au coût psychologique de la situation, il devient de plus en plus haut.

Un grand nombre de personnes confinées passent leur temps à écouter les informations anxiogènes diffusées sans arrêt par les medias. Dans les homes, beaucoup de personnes âgées sont seules. Pensons aussi à ces jeunes confinés qui tournent en rond comme des lions en cage.

Quant au retour au travail après le confinement, sera-t-il perçu comme un retour de vacances ? Voici un article écrit par un collègue à ce sujet.

Par rapport à la finance et l’économie mondiale : nous vivons un crash mondial en direct. Celui-ci passe en deuxième plan pour l’instant vu la focalisation médiatique sur le virus. En attendant, de très nombreuses entreprises sont menacées de faillite et un nombre très important de personnes sont en chômage technique. Les chaines de distribution basées sur la mondialisation se fissurent. A l’heure de la globalisation, la fabrication d’une voiture nécessite des composants d’au moins 30 pays différents.

Il est une chose dont nous pouvons être certain : rien ne sera plus comme avant. Je vous invite à visionner cette vidéo très courte du premier ministre français. Tout est dit.

Nous vivons un changement de paradigme. Si nous voulons être honnête, nous devons admettre que le paradigme que nous quittons ne tenait plus la route. De nombreux signaux socio-économiques et environnementaux nous indiquaient que la machine globale était “grippée” / “coronavirée”. Ce virus a été le cygne noir, le battement d’aile du papillon provoquant l’écroulement d’un édifice en délabrement avancé.

Actuellement, nous sommes dans l’entre deux : nous savons ce que nous quittons mais nous ignorons où nous allons. Selon mon analyse, une grande partie de la peur viendra de notre incertitude sur l’avenir. Nos croyances, nos certitudes, nos dogmes à bien des niveaux (travail, couple, famille, …) devront être remis en question et ce n’est pas une mince affaire, tant ceux-ci ont façonné nos quotidiens.

Il nous appartient d’imaginer dès à présent le nouveau monde que nous souhaitons construire. Il nous appartient de redéfinir en profondeur notre relation à la nature. Il est temps de nous réveiller et d’oser exprimer sans plus aucune retenue nos idées, nos talents, notre plein potentiel. Dans “l’ancien monde”, beaucoup se sont cachés dans l’ombre par peur du rejet. Dans ce “vide créateur”, maintenant, il est de notre responsabilité de sortir de l’ombre et d’exprimer nos idées. Le mot d’ordre : Oser. A défaut, d’autres sortiront leur propre agenda, avec des propositions plus égoïstes qu’altruistes.

En physique quantique, on parle de champs de potentialités. Nous serons bientôt amenés à choisir la meilleure potentialité pour construire un monde nouveau. Les anciennes méthodes ne fonctionnent plus. Il nous faut du neuf.

Il est dès lors temps de se reconnaître co-créateur de ce monde en devenir. Une création collective qui commence d’abord par une question à soi-même : quel est le monde que je veux pour moi et mes enfants et suis-je prêt à le vivre MAINTENANT ? L’engagement, notre engagement à construire ce nouveau monde est certainement la décision personnelle la plus importante dans les mois à venir.

Il nous appartient de sortir de l’esclavage dans lequel nous étions confiné (oui, même avant le confinement virus) et de nous reconnaître libre de choisir le monde que nous souhaitons. Nous quittons un monde paternaliste (j’attends qu’un autre fasse pour moi) pour un monde fondé sur la conscience responsable et créatrice. L’adolescence est terminée. Nous devons maintenant sortir du nid et compter d’abord sur nos propres forces. Cela signifiera faire preuve d’autonomie, de débrouillardise et de courage. Au final, cette épreuve dans la transition nous rendra beaucoup plus fort. Un animal sauvage est plus fort qu’un animal domestique car il sait trouver par lui-même sa nourriture et reste confiant du lendemain sans savoir ce qu’il adviendra.

Dans mon parcours psycho-spirituel, je me suis préparé à ce changement depuis longtemps déjà. Je compte bien participer concrètement à la construction de ce nouveau monde que je veux plus solidaire, plus équitable et plus respectueux de Mère nature.

Coronavirus : quelques vidéos ressources

Quelques vidéos que j’ai enregistrées avec les moyens du bord et que je vous partage.

Vidéos en français :

Gérer ses émotions

Soignants : gérer l’impuissance et la culpabilité

Visualiser un nouveau monde

Vidéos en anglais

Managing emotions

Towards a new Earth

Quelques avis d’experts

Sur le virus lui-même

Sur la crise économique à venir (surtout intéressant à partir de la moitié)

Et n’oublions pas de rire aussi de temps en temps, cela permet de beaucoup alléger la lourdeur ambiante.

Courage !

Relations technologie & humain

A l’heure où les nouvelles technologies changent drastiquement nos habitudes de travail et nos modes de vie, je pense utile d’écrire quelques mots à ce sujet.

J’ai fait face à une question intéressante dans le cadre d’un coaching. Pour des raisons de confidentialité, j’éviterai tout indice qui permettrait d’identifier le client.

Un département d’une organisation publique est chargée de communiquer régulièrement des informations politiques aux medias. Le laps de temps entre la production de ces informations et la communication de ces informations aux medias est de deux heures. Deux départements différents sont en charge de cette transmission. Le premier département met 1h45 pour collecter l’information et élaborer le document. Le deuxième département met 15 minutes pour la délivrance finale du document aux medias. Les medias se plaignent du laps de temps entre la réception de l’information et la délivrance de cette information. La personne qui s’adresse à moi est le responsable du deuxième département. Il a pu réduire le laps de temps de cinq minutes (il est passé de 15 minutes à 10 minutes). Par contre, le premier département refuse de se remettre en question et renvoie la responsabilité au deuxième département qui est en contact direct avec les medias.

Nous analysons la situation. De nouvelles technologies pourraient être introduites au sein du premier département pour raccourcir le temps d’au moins 1h (passer de 1h45 à 45 minutes). Pourquoi ces nouvelles technologies n’ont-elles pas été mises en place ? La réponse sera trouvée au niveau humain. Cinq personnes sont chargées du travail dans le premier département et le chef hiérarchique est à la tête de 8 personnes (en incluant ces cinq personnes). Si de nouvelles technologies sont mises en place, le nombre de personnes nécessaires passera de cinq à une. De plus, le chef hiérarchique ne dirigera plus qu’une équipe de 4 personnes … Il y a donc résistance à introduire ces nouvelles technologies qui aboutiraient à la réduction de l’emploi et à la perte de pouvoir du responsable de département.

La solution qui a été trouvée est une réunion des deux départements où le responsable du deuxième département établiraient juste les faits et où la démarche orientée client serait mise en avant.

La question de la relation entre l’humain et les nouvelles technologies peut aussi être étudiée à d’autres niveaux. Voici un article qui illustre bien ce sujet.

Jeremy Rifkin avait aussi écrit un livre prophétique dans les années 90 : “La fin du travail“.

Le plus difficile pour l’humain sera de trouver un nouveau sens à son existence : une existence non plus centrée exclusivement sur le travail mais sur le temps libre. Durant des dizaines de milliers d’années, l’homme s’est concentré sur le travail pour sa subsistance. Le formatage est profondément ancré dans la psyché humaine. Le changement de paradigme qui s’annonce est un bouleversement majeur dans la relation de l’homme à lui-même, à la collectivité et à la nature.

Les nourritures

Nous pensons souvent à des aliments quand nous parlons nourriture. En fait, l’être humain se nourrit à différents niveaux …

Le niveau physique d’abord : ce sont les aliments et les boissons que nous absorbons.

Le niveau mental : ce sont mes lectures, ce que je regarde à la télévision ou sur internet.

Le niveau émotionnel : ce sont mes relations affectives ou tout ce qui me nourrit “émotionnellement”.

Pour être en bonne santé, j’ai intérêt à absorber une nourriture de qualité à ces trois niveaux.

Le niveau physique : comment est-ce que je me nourris ? Quelle est la qualité des aliments que j’absorbe, que je mets à l’intérieur de moi-même. On n’imagine pas mettre une essence de mauvaise qualité dans le réservoir de sa voiture … Quid de notre corps qui a beaucoup plus de valeur que notre voiture ? Un sage hindoux disait quant à lui que ce qui était important n’était pas la quantité ou qualité de la nourriture mais ce que nous pouvons digérer. Cela implique une observation consciente de son corps après s’être alimenté … Comment mon corps réagit-il dans les minutes ou les heures après l’absorption ?

Le niveau mental : qu’est-ce que je regarde, qu’est-ce que je lis ? Si mes yeux et mes oreilles côtoient continuellement de la violence ou de la noirceur, comment s’étonner que cette nourriture ait un impact négatif sur mes pensées quotidiennes ?

Le niveau émotionnel : quelles sont mes relations ? Nourrisantes ou toxiques ? Pourquoi maintenir des relations qui me font du mal ? Pourquoi continuer à poursuivre dans le rôle de la victime ?

Lorsque j’accompagne des personnes qui souffrent de boulimie, je conseille de “sacraliser” la nourriture avant l’absorption (via une prière, un petit rituel …) et d’absorber la nourriture lentement, en conscience. Cela permet de rétablir une connection plus saine entre la nourriture terrestre et le plan vibratoirement plus élevé de la personne.

Eradiquer la culpabilité

La culpabilité est un véritable poison mental qui … n’est en fait pas nécessaire. Malheureusement, la culpabilité a été renforcée par les religions. C’est un puissant moyen de garder l’autre en son pouvoir.

Nous ne sommes pas égaux face à la culpabilité. Certaines personnalités sont plus vulnérables que d’autres.

Les conséquences de la culpabilité sur soi diffèrent selon les individus. Elle peut se manifester au niveau mental (pensées noires), émotionnel (colère contre soi-même) ou corporel (somatisation).

Le processus de culpabilisation commence en soi-même, trouvant ses racines dans les profondeurs de notre inconscient. Notre juge intérieur est en fait beaucoup plus dur que les autres, que notre entourage immédiat. Si l’autre a un pouvoir sur moi via la culpabilité c’est parce que il y a en moi un juge qui l’y autorise.

Le scénario est simple : le juge condamne et une punition doit s’ensuivre. C’est ainsi que des personnes, inconsciemment, rongées par une culpabilité consciente ou inconsciente, se mettent dans des situations difficiles où l’environnement va se charger d’appliquer la punition du condamné … Les acteurs se mettent en place et le film commence. Sans nous en rendre compte, nous créons véritablement cette situation. Nous sommes les réalisateurs du film …

Comment s’en sortir ? Dans les cas sérieux, il faut aller aller à la racine de la culpabilité. Elle est parfois profonde. Le mécanisme de déracinement le plus puissant que je connaisse est le pardon … envers soi-même.

Le pardon ne signifie pas que j’ai fauté ou que l’autre a fauté, même si cela peut être une réalité. Et SVP, excluons ici toute notion religieuse du pardon, déformée par des siècles d’obscurantisme.

Le pardon c’est rétablir le lien, la connection avec soi-même. C’est le médicament qui soigne la maladie. C’est la mise à jour qui répare le bug informatique. Souvent, il faut répéter plusieurs fois.

Un remède assez efficace est le Ho oponopono. Un spécialiste : Luc Bodin, médecin. Voici une courte vidéo :

Un autre petit truc : quand je me sens coupable, je peux poser un acte réparateur, envers moi ou envers une autre personne. L’acte aide à désamorcer le processus et à m’alléger.